Émissions de CO2 : "un nouveau rapport pointe les " inégalités extrêmes

23 Septembre, 2020, 11:40 | Auteur: Lynn Cook
  • Les 1 % les plus riches sont les premiers responsables du changement climatique

Sur cette période, les 1% les plus riches (environ 63 millions de personnes) ont été responsables de plus du double des émissions de CO2 que la moitié la plus pauvre de l'humanité (environ 3,1 milliards de personnes).

Chaque année, les inégalités mondiales s'aggravent. Le secteur se révèle également la catégorie de consommation la plus inégalitaire, avec une forte élasticité de la demande en fonction du revenu contrairement à la consommation d'électricité et au chauffage résidentiel, qui ont tendance à constituer la plus grande part des émissions de CO2 des groupes de revenus inférieurs et qui peuvent donc être considérés comme des biens de base.

Il dit que la crise climatique est due à l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère au fil du temps, ce qui signifie que la baisse des émissions pendant les verrouillages contre les coronavirus ne devrait pas faire une différence majeure. La majorité de ces émissions (52 % précisément) est le fait d'une minorité, les 10 % des plus riches.

Les données sur les émissions de CO2 liées à la consommation nationale de 117 pays de 1990 à 2015 - "période critique pendant laquelle les émissions annuelles ont augmenté de 60%, et les émissions cumulées ont doublé "- ont été analysées.

"Ce n'est pas seulement que l'extrême inégalité économique divise nos sociétés, ce n'est pas seulement qu'elle ralentit le rythme de la réduction de la pauvreté ", a déclaré à l'AFP Tim Gore, responsable de la politique, de la défense des intérêts et de la recherche. Celui-ci s'épuise plus rapidement, au profit d'une minorité de personnes parmi les plus fortunées au monde.

"Les personnes les plus pauvres et marginalisées déjà aux prises avec les impacts climatiques (...) et les générations futures" ont été identifiées comme les deux groupes les plus touchés par cette injustice, a noté Oxfam, tout en étant "les moins responsables de la crise climatique". Selon celle-ci, plus on est riche, plus on consomme. Et l'écart est 13 fois plus important lorsqu'on compare les 1% les plus riches aux 50% les plus pauvres en France. L'ONG appelle à une " justice sociale et climatique ", notamment en incluant cette notion dans les plans de relance économique des pays après le coronavirus. Il s'agit là d'une occasion unique pour s'atteler au développement d'une économie plus juste, qui tient compte des limites de notre planète.

Elle propose par exemple de mettre en place un impôt sur la fortune, une taxe carbone sur les produits et services de luxe ou encore interdire la publicité dans les lieux publics.

Ainsi, pour lutter contre ces inégalités et freiner la crise climatique, l'étude d'Oxfam et du Stockholm Environment Institute enjoint les gouvernements à "prendre des mesures radicales face à une menace imminente ".

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