Les Européens rejettent toujours l'initiative US sur un rétablissement des sanctions — Iran

20 Septembre, 2020, 13:49 | Auteur: Lynn Cook
  • Iran Les Européens rejettent toujours l'initiative US sur un rétablissement des sanctions

Il s'agit de l'aboutissement d'un mois de tensions entre Washington et le reste du monde au sujet du prolongement de l'embargo sur la vente d'armes à l'Iran qui expire le 18 octobre. "Cela s'est simplement passé dans le monde imaginaire" du secrétaire d'État américain Mike Pompeo, a relevé Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Selon Moscou, le Conseil de sécurité de l'Onu n'a pris aucune mesure qui conduirait à la reprise des sanctions précédentes contre l'Iran. Les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni ont de même souligné dans un communiqué que cette initiative américaine était "sans effet en droit".

Seulement voilà, Washington est quasiment seul et contre tous: les autres grandes puissances, la Russie, la Chine, mais aussi les alliés européens des Américains, contestent cette affirmation.

Comment en est-on arrivé à ce face-à-face spectaculaire entre la première puissance mondiale et le reste de la planète?

L'Iran a appelé dimanche le monde à "parler d'une seule voix" contre les "actions irresponsables" américaines, après ce rétablissement des sanctions des Nations unies contre Téhéran. La capacité de Washington à se prévaloir de ce statut est contestée par la quasi-totalité des autres pays membres du Conseil de sécurité, qui n'a donc pas donné suite à sa démarche. "Aujourd'hui, les Etats-Unis saluent le retour de quasiment toutes les sanctions de l'ONU contre la République islamique d'Iran auparavant levées", a ainsi déclaré Mike Pompeo dans un communiqué.

Or, le président Trump, jugeant insuffisant ce texte négocié par son prédécesseur, Barack Obama, en a retiré en 2018 les États-Unis, qui ont dans la foulée rétabli voire durci leurs propres sanctions bilatérales.

Il y a trente jours, les Etats-Unis ont cherché à activer le mécanisme de " snapback " qui permet à un participant au Plan d'action global commun (JCPOA) de rechercher le rétablissement des sanctions multilatérales contre l'Iran qui avaient été levées en 2015 conformément à la résolution 2231 adoptée par le CSNU.

La diplomatie américaine martèle notamment que l'embargo sur les armes est prolongé "indéfiniment" et que de nombreuses activités en lien avec les programmes nucléaire et balistique de Téhéran sont désormais passibles de punitions au niveau international.

"Tout ce que Washington fait n'est rien de plus qu'une mise en scène théâtrale afin de subordonner le Conseil de sécurité à sa politique de "pression maximale" sur l'Iran et de transformer cet organisme respecté en son outil pratique", ajoute-t-il.
"C'est comme quand on appuie sur la gâchette et que la balle ne part pas".

Mais si les États-Unis devaient mettre à exécution la menace de sanctions secondaires, l'escalade pourrait continuer.

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