Incendie du camp de Moria en Grèce: six jeunes Afghans interpellés

19 Septembre, 2020, 16:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Seuls 800 des exilés chassés par les incendies ont jusqu’ici rejoint un centre provisoire érigé à la hâte par les autorités grecques. Mardi Charles Michel a voulu
voir de propres yeux la réalité à laquelle nous sommes confrontés

Pour le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, "Il ne fait aucun doute que le camp de Moria a été brûlé par certains réfugiés et migrants hyperactifs qui voulaient faire chanter le gouvernement en brûlant le camp de Moria et en exigeant sa réinstallation immédiate hors de l'île".

Sous un soleil déjà fort et sur fond de pleurs d'enfants, les réfugiés ont plié dans le calme leurs couvertures et transporté dans des sacs leurs maigres affaires, sauvées des flammes.

"Le HCR pousse les autorités (grecques) à accélérer le processus pour que les gens ne restent pas trop longtemps" ici, a ajouté Philippe Leclerc, devant l'entrée du camp d'urgence monté à la hâte après l'incendie.

Il faudra "quelques jours" pour transférer les quelque 7.000 autres, a déclaré le ministre aux médias devant le camp.

L'EASO a précisé avoir redéployé du personnel pour aider les autorités grecques à la construction d'un nouveau camp temporaire à Lesbos, et se tient également "prête à participer à la mise en place d'une nouvelle infrastructure d'accueil aux normes de l'UE".

"Ni les demandeurs d'asile ni les organisations de soutien juridique n'ont pour l'instant reçu d'information des autorités grecques sur cette infrastructure", ont souligné ces groupes dans un communiqué commun.

Depuis l'incendie dans la nuit du 8 au 9 septembre, ces milliers de personnes qui vivaient dans des conditions insalubres dans le camp de Moria, "honte de l'Europe" selon les ONG, s'étaient installées sur un bout de route et des parkings de supermarchés.

Six jeunes Afghans sont soupçonnés d'être impliqués dans le sinistre, dont quatre doivent être mis en examen mercredi à Lesbos, notamment pour incendie criminel, incitation à la violence et usage illégal de la force. Mais de nombreux réfugiés refusent de s'y installer, par crainte de se voir de nouveau coincés des mois dans l'attente d'un éventuel transfert vers le continent grec, ou un autre pays européen. "Nous sommes vraiment perplexes, on ne sait pas quoi faire", dit-il à l'AFP.

Michalis Chrysochoidis a estimé de son côté que "la moitié" des exilés pourrait quitter Lesbos "d'ici Noël" et "les autres d'ici Pâques".

Ils ont manifesté samedi et dimanche pour réclamer de pouvoir quitter l'île et la Grèce.

Une plainte a été déposée localement jeudi contre le nouveau camp, arguant qu'il ne respecte pas les normes de protection de l'environnement et des sites archéologiques.

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