Les Émirats défendent les liens avec Israël avant la signature à Washington

16 Septembre, 2020, 00:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Bahreïn rejoint les Emirats arabes unis en normalisant ses relations avec Israël

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, sera le seul dirigeant diplomatique de l'UE à assister mardi à la cérémonie de signature à Washington des accords de paix entre Israël et les Émirats arabes unis et Bahreïn, a déclaré dimanche son porte-parole, selon Reuters.

De nombreux Etats arabes pétroliers cultivent discrètement des liens avec les autorités israéliennes depuis des années, mais cette normalisation offre de riches opportunités, notamment économiques, à ces pays qui tentent de réparer les ravages de la crise du coronavirus. " Il n'y aura aucune paix, sécurité ou stabilité pour quiconque dans la région sans la fin de l'occupation et le respect des pleins droits du peuple palestinien ", a ainsi assuré le président Mahmoud Abbas dans un communiqué. Benjamin Netanyahu a enfin signé des accords bilatéraux avec les deux ministres, avant une déclaration commune paraphée par les trois hommes et le président américain.

Les Palestiniens, qui dénoncent un " coup de poignard dans le dos " de la part de ces pays accusés de pactiser avec l'Etat hébreu sans attendre la naissance d'un Etat palestinien, ont appelé à des manifestations mardi. Les Emirats et Bahreïn, des monarchies sunnites, partagent avec l'Etat hébreu une animosité envers l'Iran chiite, ennemi numéro un de Washington dans la région.

Brandissant des drapeaux palestiniens, des manifestants portant pour la plupart des masques anticoronavirus se sont rassemblés dans les villes de Naplouse et Hébron, dans le nord et le sud de la Cisjordanie occupée, et dans la bande de Gaza, sous blocus israélien.

Mais l'administration Trump avait toujours dit vouloir secouer la région plus profondément en rapprochant Israël et le monde arabe dans une sorte d'union sacrée contre l'Iran. Ces accords esquissent ce changement d'ère, et semblent reléguer la question palestinienne en arrière-plan, comme l'espérait la Maison Blanche. Les Emirats arabes unis et Bahreïn deviennent officiellement les troisième et quatrième pays arabes à signer des accords de normalisation avec Israël, rappelle notre correspondante à New York, Loubna Anaki.

Ces accords sont aussi une victoire pour M. Nétanyahou, et rapprochent Israël de son objectif d'être accepté dans la région.

Pour Donald Trump, qui brigue un second mandat dans sept semaines et n'avait jusqu'ici que peu d'avancées diplomatiques à présenter aux électeurs, c'est un succès reconnu jusque chez ses adversaires démocrates.

Des divergences sont toutefois déjà apparues sur les conditions entourant l'accord avec les Emirats.

Le président américain a ainsi assuré mardi qu'il n'aurait "aucun problème" à vendre des avions de chasse américains F-35 aux Émirats arabes unis, qui veulent en acquérir de longue date. Le mystère persiste. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit s'opposer à cette vente, pour préserver la supériorité militaire de son pays dans la région.

Alors que les parties se dirigent vers des territoires inexplorés, le cadre des accords qui seront signés mardi à la Maison-Blanche va définir les domaines de coopération, selon Moran Zaga, spécialiste du Golfe à l'Université de Haïfa, en Israël.

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