Au rythme actuel, les cas de cancer pourraient exploser d'ici 20 ans

15 Septembre, 2020, 11:34 | Auteur: Jonathan Ford
  • Le rapport rendu mardi par l'OMS est édifiant

C'est dans les pays à revenus faibles que l'on enregistre actuellement le plus faible taux de survie et c'est aussi chez eux que le nombre de cas augmentera le plus fortement, +81 % selon les estimations de l'OMS. Des mesures sanitaires prises en amont pourraient empêcher le développement de la maladie. Tel est le résumé du message de l'Organisation Mondiale de la Santé lors de son annonce du 3 février 2020 à l'occasion de la journée mondiale de la lutte contre le cancer.

Selon l'OMS, si les tendances actuelles se poursuivent, le monde connaîtra une augmentation de 60 % des cas de cancer au cours des deux prochaines décennies.

En 2018, l'OMS a enregistré dans le monde 18,1 millions de nouveaux cas de cancer. L'organisation s'attend à ce que le chiffre atteigne d'ici à 2040 une fourchette allant de 29 à 37 millions, avec une forte augmentation dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ils ont dû concentrer leurs ressources sanitaires limitées sur la lutte contre les maladies infectieuses et l'amélioration de la santé maternelle et infantile. "Moins de 30% des pays à faible revenu déclaraient disposer de services de traitement, alors que la proportion pour les pays à revenu élevé dépassait 90% ", déplore l'OMS.

" C'est un coup de semonce qui nous appelle tous à nous attaquer aux inégalités inacceptables qui existent entre pays riches et pays pauvres concernant les services de lutte contre le cancer, déclare le D Ren Minghui, Sous-Directeur général, Couverture sanitaire universelle/Maladies transmissibles et non transmissibles, Organisation mondiale de la santé".

"Si les gens ont accès à des systèmes de soins primaires et de référence, le cancer peut être détecté tôt, traité efficacement et guéri".

Il est pourtant possible d'éviter de nombreux cancers grâce à différentes actions: lutte contre le tabagisme -responsable d'un quart des décès par cancer- vaccination contre l'hépatithe B pour le cancer du foie et contre la papillomavirus humain pour le cancer du col de l'utérus.

Mais de manière générale, le nombre de décès dus au cancer recule au niveau mondial. Les pays à revenu élevé ont adopté des programmes de prévention, de diagnostic précoce et de dépistage, qui associés à un meilleur traitement, ont contribué à une réduction estimée de 20% de la probabilité de mortalité prématurée entre 2000 et 2015.

" Les 50 dernières années ont vu d'énormes progrès dans la recherche sur la prévention et le traitement du cancer", explique le Dr Elisabete Weiderpass, directrice du CIRC. "Les décès ont été réduits".

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