L'horreur, la "culpabilité" et la "détresse" — Charlie Hebdo

13 Septembre, 2020, 00:06 | Auteur: Lynn Cook
  • Procès des attentats de janvier 2015 l'émotion des parties civiles face aux images de l'intérieur de Charlie Hebdo

Bernard Maris a été assassiné par les frères Kouachi, le 7 janvier 2015, alors qu'il se trouvait en conférence de rédaction à Charlie Hebdo, le magazine satirique où il collaborait et dont il a même été directeur adjoint.

Cinq ans après la tuerie du 7 janvier 2015 qui a décimé la rédaction et grièvement blessé plusieurs de ses membres, la douleur physique demeure et la souffrance psychologique est omniprésente pour ces 'survivants'.

'On vit pour être libre ou on vit pour être un esclave?

Blessé à l'épaule droite après avoir reçu une balle de kalachnikov, il a lutté pour retrouver l'usage de son bras et continuer à dessiner. L'organisation djihadiste a en effet prévenu, ce vendredi 11 septembre, date anniversaire des attentats de septembre 2001 contre les États-Unis, que l'attaque contre Charlie Hebdo "n'était pas un incident ponctuel".

Le groupe terroriste a déclaré qu'il avait le "même message" pour le président français Emmanuel Macron que pour son prédécesseur François Hollande qui était président au moment des attentats de 2015. L'urgentiste Patrick Pelloux, ancien chroniqueur du journal et resté proche de Charlie, s'en est pris aux idéologies 'obscurantistes' et au 'fanatisme religieux'. Ses séquelles, 'physiques, sensorielles, psychologiques', sont 'à vie', mais il assure néanmoins 'regarder le verre à moitié plein'. S'il reconnaît avoir fait des erreurs, il ne mélangerait pas ça avec ses convictions religieuses.

"Grand reporter pour l'hebdomadaire, Fabrice Nicolino préfère lui aussi se projeter vers l'avenir lorsqu'il parle de l'attaque". C'est aussi un gigantesque appel à la vie', martèle le journaliste. Les gens de Charlie, je suis avec eux dans leur combat.

Ce journal, 'on a le droit de l'aimer ou de le détester, toute l'équipe de Charlie s'en contrefout', mais 'il s'agit de liberté, et la liberté concerne tout le monde!', s'emporte le sexagénaire, avant de fustiger le manque d'intérêt de ses confrères pour l'hebdomadaire.

" Les gens épouvantables qui nous attaquent, franchement je les déteste, je les vomis". La liberté ça ne se discute pas, ça se défend!'

Mais c'était un Bernard Maris bien vivant qui a été évoqué aujourd'hui, vendredi 11 septembre 2020, à la barre de la cour d'assises spéciale de Paris, qui juge depuis début septembre quatorze personnes accusées de soutien logistique aux frères Kouachi mais aussi et surtout à Amédy Coulibaly, auteur de l'attaque contre une policière de Montrouge et contre l'Hyper Cacher de Vincennes.

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