L'euro fort inquiète la BCE

13 Septembre, 2020, 20:33 | Auteur: Aubrey Nash
  • L'EURO MONTE PAS DE GROS CHANGEMENT EN VUE DES PRÉVISIONS BCE

Pour 2020, l'institution de Francfort prévoit désormais une inflation de 0,3%, puis 1,0% en 2021 et 1,3% en 2022, soit loin de son objectif d'une hausse des prix "proche mais inférieure à 2%" pour que la machine économique tourne.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, dévoilera de nouvelles projections pour le produit intérieur brut et l'inflation en zone euro à l'horizon 2022 lors de la conférence de presse virtuelle se tenant à partir de 12H30 GMT.

La banque centrale a réitéré jeudi son intention d'utiliser "tous ses instruments (.) de manière appropriée" afin de soutenir l'activité et ramener le taux d'inflation vers l'objectif assigné.

"Le mandat de la banque est de " maintenir la stabilité des prix " et, dans ce cadre, " l'appréciation de l'euro est quelque chose à surveiller attentivement", a-t-elle souligné.

Pour Carsten Brzeski, chef économiste chez ING, Mme Lagarde s'est livrée à un " exercice d'équilibre verbal intéressant, voire risqué ".

Un taux d'inflation étonnamment bas en août, le plus bas depuis 2001, a également soulevé la question de savoir si la BCE devra faire davantage pour réorganiser l'économie de l'euro. Ce qui, selon lui, " signifie que la BCE semble s'inquiéter de l'appréciation de l'euro, mais pas trop encore ".

La Banque centrale européenne surveille attentivement l'évolution de l'euro et ses implications, a déclaré jeudi sa présidente, Christine Lagarde, tout en réaffirmant que la BCE restait prête à prendre de nouvelles mesures pour sortir la zone euro de la récession.

La hausse des prix est attendue à 0,3% en 2020, 1,0% en 2021 et 1,3% en 2022, contre respectivement 0,3%, 0,8% et 1,3% lors de ses précédentes prévisions en juin.

En général, " les données laissent attendre un fort rebond du PIB au troisième trimestre " après une contraction sans précédent pour la période d'avril à juin.

La BCE a laissé inchangé son principal taux d'intérêt à zéro, tandis que les banques se verront appliquer toujours un prélèvement de 0,50% sur une fraction des dépôts qu'elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients. L'enveloppe du PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme) est maintenue à 1.350 milliards d'euros et le montant des achats d'actifs de l'APP (Asset Purchase Programme) à 20 milliards d'euros par mois.

"Dans les circonstances actuelles, il est certainement très probable que l'enveloppe du PEPP sera utilisée intégralement dans le but de mettre en oeuvre ces politiques", a-t-elle dit.

" La BCE maintient son cap et signale qu'elle va continuer à assouplir sa politique monétaire dans les mois à venir", a commenté Marcel Fratzscher, président de l'institut économique DIW.

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