Veolia se lance à la conquête de Suez — Environnement

01 Septembre, 2020, 19:36 | Auteur: Aubrey Nash
  • Antoine Frérot le PDG de Veolia

Une usine de traitement des eaux de Veolia (illustration).

La guerre est ouverte entre les entreprises françaises de l'environnement. Le 31 juillet, Engie s'est fixé de nouveaux objectifs financiers et a annoncé un recentrage stratégique, après la chute de son résultat net au premier semestre dans un contexte économique marqué par la crise sanitaire. C'est pourquoi le PDG de Veolia, Antoine Frérot, a remis, dimanche 30 août, à Engie, grand actionnaire de Suez, une offre ferme à 2,9 milliards d'euros, portant sur l'essentiel de sa participation.

(Actualisation: commentaires supplémentaires de Suez sur les raisons de son rejet, création d'un comité chargé d'étudier l'offre et contexte). Le prix proposé à Engie pour ses parts valorise la totalité du capital de Suez plus de 9,7 milliards d'euros.

Suez, qui avait "pris acte" dimanche "d'une démarche "non sollicitée", a réuni lundi son conseil d'administration pour en discuter".

La proposition de Veolia à Engie inclut un engagement d'apport par Engie à l'offre publique de ses 1,8% restant dans Suez. "Le géant de l'énergie avait annoncé en juillet sa volonté de recentrer son activité, en cédant des actifs jugés non stratégiques". "Ce projet s'inscrit dans une approche amicale, tant nous partageons avec Suez les mêmes métiers, la même culture et les mêmes valeurs", a déclaré Antoine Frérot, PDG de Veolia. La réunion de deux mastodontes industriels de l'eau et des déchets: Veolia et Suez. Le secteur reste très émietté, et la nouvelle entité représenterait encore moins de 5 % de parts de marché au niveau mondial.

Mais "la concentration a commencé", prévient-il, relevant l'intérêt croissant de fonds d'investissement pour le secteur, ou la montée d'acteurs venus de Chine.

Si les deux parties tombent d'accord, la transaction devra cependant obtenir l'aval des autorités de la concurrence.

M. Frérot évoque des "problèmes de concurrence importants" surtout en France, mais à l'étranger rarement et une "complémentarité forte". Selon Antoine Frérot, une réunion des deux groupes n'aurait aucun impact négatif sur l'emploi en France, y compris pour l'eau côté Meridiam.

Recommande: