Le journaliste Khaled Drareni lourdement condamné

11 Août, 2020, 07:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Algérie: Le journaliste Khalid Drareni condamné à 3 ans de prison ferme

La LADDH " réitère sa demande urgente de libération du journaliste Khaled Drareni et de l'ensemble des détenus d'opinion du Hirak et le respect des droits humains et des engagements de l'Algérie auprès des mécanismes internationaux et régionaux de protection des droits humains et des défenseurs des droits humains", indique un communiqué de la ligue.

Lors de leur procès, lundi 3 août, le procureur avait requis quatre ans de prison ferme, 100 000 dinars d'amende et quatre ans de privation des droits civiques à l'encontre des trois. "On est surpris. Le dossier est vide", déplore Me Nouredine Benissad, un avocat du collectif de défense du journaliste algérien.

Deux autres figures du Hirak, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, eux aussi accusés, étaient néanmoins libres et présents dans la salle.

Drareni, Hamitouche et Benlarbi ont été arrêté le 7 mars dernier au cours d'une marche à Alger. Le journaliste, correspondant de TV5 Monde et de Reporters sans frontières en Algérie, est poursuivi pour "atteinte à l'intégrité du territoire national" et "incitation à attroupement non armé".

Sous le coup des mêmes chefs d'accusation, ces deux derniers ont bénéficié le 2 juillet d'une remise en liberté provisoire, alors que M. Drareni a été maintenu en prison.

Khaled Drareni, 40 ans, est devenu le symbole d'un journalisme sans concessions et transparent dans un pays où la presse est soumise au pouvoir.

Il a assuré n'avoir fait que son "travail en tant que journaliste indépendant" et avoir exercé "son droit à informer". Etant journaliste, Khaled Drareni n'a commis aucune infraction.

Pour RSF, qui mène une campagne internationale en sa faveur, "une condamnation à une peine de prison serait la preuve d'une dérive autoritaire du pouvoir algérien".

Le verdict sera "un test majeur pour le pouvoir politico-judiciaire actuel", selon le quotidien francophone El Watan.

Depuis plusieurs mois, la justice algérienne multiplie les poursuites judiciaires et les condamnations des militants du Hirak et d'opposants politiques, ainsi que des journalistes et des blogueurs relayant les revendications du mouvement. Certains journalistes ont été accusés de semer la discorde, de menacer l'intérêt national et d'être à la solde de "parties étrangères".

Abdelkrim Zeghileche, militant du "Hirak" et directeur d'une radio algérienne diffusée sur Internet, Radio-Sarbacane, a été à nouveau incarcéré le 24 juin à Constantine (nord-est).

Egalement derrière les barreaux, Belkacem Djir, journaliste de la chaîne d'information privée Echourouk News, a écopé le 28 juin d'une peine de trois ans de prison dans une affaire de droit commun liée à son travail d'investigation. Elle a perdu 27 places en cinq ans.

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