Des images montrent la violence de l’onde de choc — Explosion à Beyrouth

10 Août, 2020, 04:41 | Auteur: Sue Barrett
  • Le président français Emmanuel Macron jeudi à Beyrouth sur le lieu des explosions

La tentative de Macron de ramener le Liban dans le giron de l'Occident a probablement été donnée urgente par l'appel du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah plus tôt cette année pour que le pays "regarde vers l'Est" et se tourne vers la Chine, et non vers le FMI, pour obtenir une aide économique. Son discours est intervenu alors que des milliers de Libanais manifestaient dans le centre-ville de Beyrouth, demandant des comptes au gouvernement après l'explosion au port de la capitale mardi, qui a dévasté des quartiers entiers et qui a fait plus de 150 morts et 6.000 blessés.

La dévastation provoquée par l'explosion, apparemment causée par le stockage de milliers de tonnes de nitrate d'ammonium dans un dépôt du port de Beyrouth, est la catastrophe de trop pour les Libanais.

La ministre de l'Information libanaise, Manal Abdel Samad, a démissionné ce dimanche 9 août.

Tentant de désamorcer cette grave crise, le Premier ministre Hassan Diab a annoncé samedi soir qu'il proposerait des élections législatives anticipées. 21 personnes sont toujours portées disparues.

Et des centaines de milliers de Libanais se retrouvent sans abri, dormant parfois dans des maisons à moitié écroulées.

Cette tragédie a revigoré la contestation inédite déclenchée fin 2019, qui s'était essoufflée avec la pandémie. Hier, des messages sur les réseaux sociaux ont appelé à des rassemblements sur l'emblématique place des Martyrs, au coeur de Beyrouth sinistrée. Mais les manifestants, de plus en plus nombreux, ne font plus aucune confiance dans la classe politique.

Samedi, des milliers de manifestants avaient brièvement pris d'assaut les ministères des Affaires étrangères, de l'Economie, de l'Energie, ainsi que l'Association des banques.

Plus tard, sur une avenue menant au Parlement, des manifestants ont jeté des pierres et tiré des feux d'artifice en direction de la police qui a répliqué avec des tirs de gaz lacrymogène pour les disperser, a constaté un correspondant de l'AFP. Un agent des forces de l'ordre a péri d'une chute mortelle d'un hôtel samedi après avoir été agressé par des "émeutiers", selon la police.

Quelque 65 personnes blessées lors des heurts ont été hospitalisées, et 185 soignées sur place, selon la Croix-Rouge libanaise.

Le président français Emmanuel Macron a appelé dimanche la communauté internationale à " agir vite " pour aider le Liban à panser ses plaies après la terrible explosion qui a ravagé sa capitale et il a mis en garde contre la " violence et le chaos " alors que la colère gronde dans le pays face à une classe dirigeante discréditée. "Le Liban est en train de sombrer, nous pensons qu'il a touché le fond, et donc c'est le moment de remonter à la surface", a encore commenté l'entourage d'Emmanuel Macron, rappelant que le président français a promis, lors de sa visite, jeudi, que l'aide n'irait pas à "la corruption".

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