Fonctionnaires du port en détention et manifestants en colère — Liban

08 Août, 2020, 02:55 | Auteur: Sue Barrett
  • Emmanuel Macron à Beyrouth : la colère des Libanais contre leurs dirigeants (Vidéo)

"Je ne suis pas en train de donner un diktat aux dirigeants", a-t-il déclaré dans la soirée lors d'une interview accordée à BFMTV, mais "les trois semaines qui viennent sont décisives dans l'avenir du Liban". "Nous aiderons à organiser dans les prochains jours des soutiens supplémentaires au niveau français, au niveau européen", a déclaré M. Macron, accueilli à son arrivée à l'aéroport international de Beyrouth par le président Michel Aoun.

Furieux après une catastrophe de trop dans un pays en plein naufrage, les Libanais réclament des comptes.

En outre, le président Emmanuel Macron est arrivé en fin de matinée dans la capitale libanaise pour " rencontrer l'ensemble des acteurs politiques " libanais et " porter le message de fraternité et de solidarité des Français " au peuple libanais.

Jeudi soir, les forces de l'ordre ont même eu recours aux gaz lacrymogènes dans le centre-ville pour disperser des dizaines de manifestants enragé par l'incompétence et la corruption des autorités.

Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour une manifestation anti-gouvernementale samedi, sous le thème "Pendez-les ".

Les explosions survenues mardi, causées par presque 3000 tonnes de nitrate d'ammonium stockées dans un entrepôt du port de Beyrouth, ont laissé quelque 300 000 personnes sans domicile.

Elles ont pratiquement détruit le port et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, soufflant les vitres des kilomètres à la ronde.

Cette déflagration d'une puissance inouïe, la plus dévastatrice vécue par le Liban, a alimenté la colère de la population, qui avait déclenché en octobre 2019 un vaste mouvement de protestation contre la classe dirigeante.

L'UE a également activé son système de cartographie par satellite Copernicus pour aider les autorités libanaises à évaluer l'étendue des dégâts. Autorités portuaires, douanières et certains services de sécurité savaient que des matières chimiques dangereuses y étaient entreposées mais ils se rejettent désormais mutuellement la responsabilité.

C'est la ministre de la Culture Roselyne Bachelot qui l'a annoncé, sur Twitter, dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 août.

Mais, le gouvernement n'a pas été encore capable de justifier la présence du nitrate d'ammonium "sans mesures de précaution" au port.

Aucun dirigeant libanais n'est encore venu sur place.

Des victimes du drame ont été enterrées dans la journée par des proches en larmes.

Au niveau national, une enquête est déjà en cours "depuis 72 heures", a rappelé Rami Adwan, l'ambassadeur du Liban à Paris, vendredi sur France 24, ajoutant que "la justice sera saisie [samedi] de l'ensemble du travail des enquêteurs jusque-là".

Recommande: