Les géants de la tech sous le feu des projecteurs politiques — GAFA

31 Juillet, 2020, 10:35 | Auteur: Aubrey Nash
  • Les directions de firmes internet auditionnées à la chambre américaine des représentants

Les GAFA écrasent leurs concurrents, accusent les démocrates; les GAFA nous censurent, s'énervent les républicains: les élus américains tentaient mercredi de résumer des années de frustration vis-à-vis des entreprises qui dominent l'internet mondial. Alors que ces quatre entreprises, sans doute parmi les plus puissantes entreprises au monde à l'heure actuelle, ont témoigné ensemble devant le Congrès américain, cette audience est sans précédent car c'est la toute première fois que les quatre hauts dirigeants répondront ensemble aux questions, sur une seule plateforme.

Les dirigeants d'Amazon, Apple, Google et Facebook seront auditionnés mercredi par une sous-commission de la Chambre américaine des représentants chargée de la concurrence, a indiqué Reuters.

Mark Zuckerberg présente également les grandes entreprises de la tech, tels Apple et Google, comme ses principaux rivaux, alors que des questions ont été soulevées quant à savoir si sa capacité de diffusion et de distribution de l'information en fait également un concurrent pour les entreprises de presse plus petites. "Si le Congrès ne force pas les Big Tech à être équitables, ce qu'ils auraient dû faire il y a des années, je le ferai moi-même avec des décrets", a ainsi menacé Donald Trump avant même le début de la séance.

"Les preuves montrent clairement que Google est devenu le portail d'accès à internet et abuse de son pouvoir".

Jerry Nadler, le président de la commission, a de son côté attaqué Mark Zuckerberg sur le terrain des acquisitions.

A gauche comme à droite, et à moins de 100 jours des élections, les élus pourraient donc se montrer particulièrement agressifs contre les réseaux sociaux, dont ils ne peuvent se passer pour faire campagne.

Google et Facebook accaparent l'essentiel des recettes publicitaires numériques mondiales grâce aux données personnelles de leurs milliards d'utilisateurs.

Tim Cook a été interrogé sur le même sujet - sa qualité de juge et partie sur sa plateforme d'applications, l'app store - mais a été relativement épargné par rapport aux autres groupes.

"Les Big Tech ont ouvert la chasse aux conservateurs, c'est un fait", a lancé Jim Jordan, un des proches alliés de Donald Trump, affirmant que les plateformes faisaient tout pour réduire les républicains au silence.

Mais leur emprise sur les données, moteur de l'économie numérique, inquiète en termes de respect de la concurrence et aussi de la vie privée, surtout depuis les scandales des interférences étrangères dans les élections de 2016.

Tous comptent jouer sur la fibre patriotique des élus. La deuxième puissance économique mondiale construit "sa propre version de l'internet, centrée sur des idées complètement différentes, et ils exportent leur vision dans d'autres pays", dira-t-il.

Ils ont mis en avant leur contribution à la croissance, leurs investissements, les créations d'emplois aux Etats-Unis, et assuré favoriser la compétition tout en faisant face à une concurrence féroce.

La commission judiciaire enquête depuis des mois sur de possibles abus de position dominante, mais l'audition a peu de chance d'avoir des conséquences majeures.

"Quand nous pensons que nos détracteurs ont raison (...) Mais quand vous regardez dans le miroir, que vous évaluez les critiques, et que vous pensez encore que vous avez pris les bonnes décisions, aucune force au monde ne devrait pouvoir vous faire changer".

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