"Quand j'entends le mot 'violences policières'… je m'étouffe" — Gérald Darmanin

29 Juillet, 2020, 16:20 | Auteur: Lynn Cook
  • Auditionné par la Commission des lois de l’Assemblée nationale le ministre de l’Intérieur gérald Darmanin a réfuté le terme de
violences policières

En utilisant le terme de "violences légitimes", Gérald Darmanin fait une référence au concept du même nom théorisé par le sociologue Max Weber qui avait postulé de l'existence d'un Etat "détenteur de la violence physique légitime". "Il peut y avoir des dérives, qu'on doit sanctionner et je pense que le gouvernement les sanctionne et s'il ne le fait pas, la presse, les syndicats, les parlementaires rappellent à la hiérarchie policière, au ministre de l'Intérieur, ce qu'il doit faire et c'est bien légitime", a-t-il estimé.

Le vocable employé par Gérald Darmanin, "j'étouffe", a engendré de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux, alors que les "violences policières" ont régulièrement été dénoncées lors des manifestations de gilets jaunes et plus récemment lors de marches en hommage à Adama Traoré ou Cédric Chouviat, morts à la suite d'interventions des forces de l'ordre. "À bientôt sous d'autres auspices", a réagi sur Twitter Me Arié Alimi, l'avocat de la famille de Cédric Chouviat.

"D'évidence, le ministre de l'Intérieur n'a pas hésité par cette saillie abjecte à tenter une pathétique manœuvre de diversion. Il ne s'agit en aucun cas d'un parallèle dans une affaire où des mises en examen ont été prononcées", a précisé à l'AFP l'entourage de M. Darmanin.

Comme ses prédécesseurs au ministère de l'Intérieur, Gérald Darmanin a rejeté mardi le terme de " violences policières ".

"La police exerce une violence certes mais une violence légitime". "Quand j'entends le mot 'violences policières' personnellement je m'étouffe", a déclaré mardi 28 juillet Gérald Darmanin. Après, elle doit le faire de manière proportionnelle, elle doit le faire de manière encadrée. "Que quelques personnes le fassent en dehors des règles déontologiques, la sanction doit être immédiate", a ajouté le ministre de l'Intérieur. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il était mort le 5 janvier.

L'IGPN estime dans une synthèse d'enquête que l'un des policiers a pratiqué sur le livreur un "étranglement arrière" non mentionné par les agents dans leurs premières déclarations.

Ce dernier, un livreur en scooter de 42 ans, avait été victime d'un malaise cardiaque aux abords de la Tour Eiffel après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par trois policiers au terme d'un contrôle routier tendu.

Le choix mots fait polémique.

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