Projet d'annexion en Cisjordanie: la difficile équation américaine de Netanyahu

03 Juillet, 2020, 10:05 | Auteur: Lynn Cook
  • Un manifestant brandit le signe de la victoire lors d'un rassemblement de Palestiniens qui ont appelé à une Journée de la rage pour protester contre le projet d'annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie occupée

Benyamin Nétanyahou optera-t-il pour une approche maximaliste avec le rattachement à Israël de la vallée du Jourdain et d'une centaine de colonies juives, ou une approche minimaliste en visant une poignée de colonies?

Dans un communiqué publié hier, relayé par l'agence Wafa, ces organisations ont appelé le gouvernement britannique à prendre une action sérieuse contre le plan d'annexion. A moins qu'il ne repousse le projet aux calendes grecques?

Les dirigeants palestiniens, du Fatah laïc au pouvoir en Cisjordanie au Hamas à Gaza, ont fustigé ce plan, aussi dénoncé par l'ONU, les Européens et la Ligue arabe.

Au sein de son gouvernement, Benyamin Nétanyahou doit faire face à des divisions.

Hier, une quarantaine de femmes politiques internationales ont appelé, dans une tribune commune, à s'opposer à ce nouveau projet colonial qui menace tout simplement la Palestine d'effritement.

Le texte propose en outre des " modifications mineures des frontières qui auront fait l'objet d'un accord mutuel, sur la base des frontières " d'avant la guerre de juin 1967 lors de laquelle Israël a commencé à occuper la Cisjordanie.

Des Palestiniens brandissent des pancartes dont l’une dit: Nous ne pouvons pas respirer depuis 1948
L'armée israélienne mène des frappes sur Gaza après des tirs de roquettes

Dans l'enclave de Gaza, contrôlée par les islamistes du Hamas, des milliers de Palestiniens ont manifesté leur opposition au plan. "La résistance doit reprendre, seul le recours à la force fait peur à Israël", a déclaré un manifestant.

Or jeudi, la branche armée du Hamas a mis en garde Israël contre son projet d'annexion de pans de la Cisjordanie occupée, qui équivaudrait à une "déclaration de guerre" selon elle.

De petites manifestations ont également eu lieu à Ramallah et Jéricho, en Cisjordanie, où les autorités ont par ailleurs annoncé un bouclage de ce territoire palestinien pour cinq jours dès vendredi en raison d'une hausse récente des cas de coronavirus.

Les Palestiniens tentent d'obtenir des appuis contre le projet israélien qui fait voler en éclats, selon eux, la solution "à deux Etats", une Palestine viable aux côtés d'Israël. "L'annexion ne peut rester sans réponse et un engagement international ferme est plus que jamais nécessaire, et cela passe par des mesures efficaces pour empêcher des actions unilatérales illégales et pour parvenir à une paix juste et durable", ont prévenu les signataires de ce texte dont l'ex-présidente suisse Micheline Calmy-Rey, l'ancienne ministre de la Justice française Christiane Taubira, l'avocate iranienne et lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi ou l'ancienne ministre sud-africaine Barbara Hogan. Parallèlement à cette mobilisation en terre palestinienne, la communauté internationale continue à faire pression sur le colon israélien pour annuler ce plan d'annexion dont les conséquences, avertissent plusieurs organisations, seront désastreuses pour toute la région.

Le bureau de M. Gantz a indiqué qu'il avait rencontré lundi Aviv Berkowitz, conseiller spécial du président américain Trump pour le Proche-Orient, ainsi que l'ambassadeur américain David Friedman "pour parler du plan de paix" américain, sans donner plus de détails sur la teneur des discussions.

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