Le plan social impacte fortement Toulouse, mais aussi Mérignac et Rochefort — Airbus

03 Juillet, 2020, 14:23 | Auteur: Aubrey Nash
  • Airbus les aides de l’Etat peuvent sauver 2 000 emplois en France selon le secrétaire d’Etat aux Transports

Toulouse, où Airbus et ses filiales emploient près de 30.000 salariés, "est la capitale de l'aéronautique, quand l'orage arrive, Toulouse est plus mouillée que les autres" mais "ce n'est pas une raison pour justifier tout et n'importe quoi", a-t-il ajouté.

"Il est envisagé au niveau mondial 15 000 suppressions d'emplois, dont 5 000 en France, mais ça ne tient pas compte des différents dispositifs d'Etat, et des dispositifs d'entreprise", a relevé M. Djebbari sur BFM TV et RMC. Et 186 chez le constructeur ATR, une co-entreprise entre Airbus et l'italien Leonardo. Mais des centaines d'emplois sont aussi menacées dans des filiales dans la région comme Stelia, notamment sur Mérignac (33) et Rochefort (17).

Près de trois-quarts des 5000 postes qu'Airbus se prépare à supprimer en France seront à Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire n'étant pas épargnées.

"Nous allons vers un cataclysme social à l'automne", a mis en garde M. Knepper, dont le syndicat est le premier de l'avionneur.

"Nous sommes inquiets. On ne sait pas qui va sauter".

Airbus va procéder à 3 500 suppressions de postes sur les 5 000 prévues en France dans le cadre du plan de restructuration prévu par l'avionneur européen, a-t-on appris ce jeudi auprès de la CFE-CGC du groupe. "Avant la crise du Covid, on était en plein boom, on comptait installer la chaîne d'assemblage de l'A321 sur le site de l'A380, on avait des perspectives d'embauche", relate David Neff, un technicien de 26 ans.

Florent Veletchy, délégué syndical central de la CFTC, 3ème syndicat du groupe, précise que 2.823 "cols blancs" et 1.425 "cols bleus", selon la terminologie Airbus, sont menacés.

Les syndicats vont "maintenant s'assoir à la table des négociations (.) On commence lundi matin et on est partis pour quatre mois", a indiqué M. Knepper.

"L'Etat demande à Airbus de faire en sorte qu'il y ait le moins de départs contraints, le moins de licenciements secs possible", a-t-il insisté.

En France, le plan de restructuration concernera 5 000 postes avec une majorité de chômage partiel de longue durée, des départs à la retraite anticipée et des départs volontaires.

"Selon le président d'Airbus Guillaume Faury, rappelant qu'" aucune décision finale n'a encore été prise ", 1500 postes pourraient être sauvés en France et 2000 en Allemagne (pays le plus touché avec 5100 suppressions annoncées). "Avec notre annonce, un processus s'amorce", assure le dirigeant. Les syndicats entendent aussi défendre les sous-traitants, car l'ensemble de la filière emploie quelque 60.000 personnes dans la métropole de Toulouse, 90.000 dans l'ex-région Midi Pyrénées.

Le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc redoute un "effet domino" sur les "plus de 800 sous-traitants, aux PME ou TPE regroupées dans Aerospace Valley". Il en va de même pour la filière spatiale qui ne doit pas être laissée de côté " a déclaré Carole Delga à l'issue de son entretien téléphonique avec le PDG du groupe.

"Les salariés et leurs compétences sont la principale richesse du secteur aéronautique".

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