Touraine et Bachelot se refusent à "donner des leçons" — Crise sanitaire

02 Juillet, 2020, 13:24 | Auteur: Jonathan Ford

Le président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon s'est insurgé mercredi 1er juillet contre les propos de Roselyne Bachelot devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.

L'ex-ministre de la Santé était devant la commission d'enquête chargée d'évaluer la gestion de l'épidémie. Marisol Touraine a été longuement questionnée sur la gestion des masques et l'état des stocks.

En avril 2010, il atteignait 1 milliard de masques chirurgicaux et 700 millions de masques FFP2.

"La " gestion de stocks " de masques de protection ne remonte pas au niveau du ministre, s'est défendue, ce mardi l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, assurant toutefois " assumer totalement " les décisions prises par ses services entre mai 2017 et février 2020".

C'est par un hommage aux acteurs de première ligne pendant la crise, ceux de "l'ombre", aux professionnels de santé quel que soit leur mode d'exercice et aux victimes de la crise sanitaire qu'Agnès Buzyn a entamé son audition face à la commission d'enquête nationale Covid de l'Assemblée nationale. "Je suis très en colère, a répondu Jean-Paul Hamon". Elle affirme pour sa part avoir "maintenu l'idée qu'il fallait des stocks importants" et n'avoir "jamais accepté" la doctrine consistant à passer à des "stocks tampon" renouvelés au fur et à mesure, évoquée notamment par Jérôme Salomon, directeur général de la Santé depuis janvier 2018. Elle a indiqué qu'à son arrivée au ministère en 2012, 730 masques chirurgicaux étaient en stock, il y en avait 754 millions à son départ, sans date de péremption. "Je suis une tenante de la politique des masques".

" Ce n'est pas au moment où la pandémie se déclare que l'on peut se procurer des masques. Tout le système est mis en préparation et en tension", a-t-elle déclaré aux députés. "On s'est dit qu'il y avait plus de risques à en faire trop qu'à en faire pas assez", a-t-elle analysé. Mais enfin, des médecins qui n'ont pas de masque dans leur cabinet, qui se constituent pas un stock, nous n'avions pas de blouse, mais enfin!

Après deux semaines consacrées aux DGS, soit les numéros 2 du ministère, entre 2003 et 2011, c'est désormais aux ministres de la santé de la même période de répondre aux questions des députés.

Roselyne Bachelot est aussi revenue sur la question des stocks de masques. "Quand on mélange les contingences quotidiennes avec l'anticipation à long terme, les contingences quotidiennes l'emportent toujours", a-t-elle averti.

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