Airbus annonce la suppression de 15000 postes d'ici un an

01 Juillet, 2020, 09:39 | Auteur: Aubrey Nash
  • Airbus compte diminuer sa production de 40% et licencier des milliers d’employés

Très mauvaise nouvelle pour Toulouse, Airbus, touché de plein fouet par la crise internationale du coronavus annonce ce mardi un vaste plan de suppressions d'emplois.

Les syndicats se sont dits opposés à tout départ contraint: d'après Xavier Petrachi, responsable syndical CGT, "Airbus a largement les moyens de conserver les compétences et de s'engager dans un nouveau programme d'avion régional à gaz à effet de serre neutre pour 2030 ".

L'activité dans l'aviation commerciale a chuté de près de 40 % au cours des derniers mois, précise-t-il.

Depuis plusieurs semaines, Guillaume Faury, le président exécutif du groupe aux 135.000 salariés, dont 81.000 dans sa branche d'avions commerciaux, prévient que la crise engendrée par l'épidémie due au coronavirus met en jeu la "survie d'Airbus".

Ces suppressions de postes devraient quasi exclusivement toucher la branche aviation commerciale du groupe - également présents dans la défense, l'espace et les hélicoptères - ainsi que plusieurs filiales comme la Française Stelia Aerospace ou encore l'Allemande Premium Aerotec. Conscient que les critiques vont pleuvoir, le constructeur " remercie les gouvernements pour leur soutien qui a permis à la société de limiter ces nécessaires mesures d'adaptation ". "Nous attendons d'Airbus qu'il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre de suppressions d'emplois", et qu'il limite "au maximum les départs contraints", a précisé Bercy dans une déclaration. Mais Force Ouvrière, le syndicat majoritaire chez Airbus, souhaite clairement que se dégagent d'autres solutions comme des départs anticipés, des formations ou des congés sabbatiques.

Les syndicats d'Airbus, d'une seule voix, affirment leur opposition à tout "licenciement contraint" après l'annonce par le groupe de la suppression de près de 15 000 postes dans le monde, dont 5 000 en France, et appellent à des négociations responsables face à une crise jugée "conjoncturelle". "Elle a malheureusement le potentiel de devenir plus grave encore, par exemple si une seconde vague intervient l'hiver prochain", écrit Guillaume Faury dans une lettre aux salariés du groupe. La douche froide devait arriver plus tôt qu'attendu, mardi 30 juin lors d'un comité de groupe extraordinaire.

"Nous allons négocier, et si cela ne suffit pas, on verra", renchérit le délégué central FO, Jean-François Knepper, excluant dans l'immédiat un appel à la grève.

Interrogé sur les conséquences de la baisse de la production sur l'emploi, Guillaume Faury a répété qu'Airbus annoncerait avant la fin juillet les "ajustements" sur la main d'œuvre. Comme Force Ouvrière, la CFE-CGC demande à la direction de trouver des solutions, notamment via la mise en place de "l'activité partielle de longue durée".

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