La loi controversée sur la sécurité nationale a été adoptée — Hong Kong

30 Juin, 2020, 16:24 | Auteur: Lynn Cook
  • La Chine sanctionne plusieurs Américains à cause de la situation à Hong Kong

Votre soutien est indispensable.

Le texte de loi sur la sécurité nationale qui contourne le conseil législatif local et menace l'opposition qui se sent bâillonnée est venu en réponse à un soulèvement populaire sans précédent dans l'île sous les yeux du pouvoir chinois incapable d'agir étant donné la nature du système de Hong Kong. "La loi sur la sécurité nationale à Hong Kong a été officiellement adoptée", s'est félicité ce mardi dans un communiqué le DAB, principal parti hongkongais pro-Pékin.

Le parlement national à Pékin a voté ce texte à l'unanimité, ont affirmé mardi matin Now TV, RTHK et le South China Morning Post. Pour l'opposition pro-démocratie de Hong Kong et pour plusieurs pays occidentaux dont les États-Unis, cette loi constitue une attaque contre l'autonomie et les libertés du territoire. Elle entend réprimer le séparatisme, le terrorisme ou encore la collusion avec des forces étrangères dans l'ex-colonie britannique, qui bénéficie aujourd'hui d'un statut autonome.

Pékin a plusieurs fois accusé des pays occidentaux de jeter de l'huile sur le feu dans le territoire en soutenant les manifestants. Un "organe de sécurité nationale", relevant du gouvernement central, devrait par ailleurs être institué à Hong Kong - une première. Il serait chargé de collecter des informations et de poursuivre les atteintes à la sécurité nationale.

L'idée de confier à un organisme du pouvoir chinois des prérogatives dans le territoire autonome inquiète fortement l'opposition locale. Car la séparation des pouvoirs n'existe pas en Chine continentale, dirigée par le PCC.

" Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait", a réagi sur Twitter Joshua Wong, l'une des figures du mouvement pro-démocratie". Washington accuse la Chine d'avoir remis en cause ses engagements internationaux et le principe "Un pays, deux systèmes" qui octroyait au territoire de 7,5 millions d'habitants une vaste autonomie depuis sa rétrocession par Londres en 1997. Par ces mots, Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif hongkongais, s'est refusée à dire si le texte avait été effectivement adopté.

L'Union européenne (UE) a " déploré " l'adoption du texte.

Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) avaient également appelé en juin à revenir sur ce projet.

Mike Pompeo a déclaré que les Etats-Unis mettaient fin, à compter de ce lundi, aux exportations de matériel de défense vers Hong Kong et allaient aussi prendre des mesures pour mettre fin aux exportations de technologies à double usage - commercial et militaire - vers le territoire.

Washington a annoncé la fin d'exportations d'armement à l'ex-colonie britannique après la mise en place de restrictions de visas par Pékin. La Chine a répliqué avec une mesure similaire visant les Américains " s'étant mal comportés " en critiquant la loi. Des manifestations d'ampleur semblent à première vue difficiles à organiser: les autorités de Hong Kong interdisent toujours les rassemblements de plus de 50 personnes en raison de l'épidémie de Covid-19.

Quelle sera désormais la réaction des Hongkongais, maintenant la loi votée?

Recommande: