La Chine interdit de visa les Américains s'étant "mal comportés" — Hong Kong

30 Juin, 2020, 14:10 | Auteur: Lynn Cook
  • La cheffe de l'exécutif à Hong Kong Carrie Lam le 30 juin 2020 lors d'une conférence de presse à Hong Kong

" Les États-Unis ne parviendront jamais à entraver les efforts de la Chine pour faire progresser la législation hongkongaise en matière de sécurité nationale ", a réagi lundi Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. La plus haute dirigeante de Hong Kong, Carrie Lam, a refusé ce mardi lors de sa conférence de presse hebdomadaire de confirmer l'adoption de la loi, qu'elle a soutenue.

"La loi sur la sécurité nationale à Hong Kong a été officiellement adoptée", s'est félicité mardi dans un communiqué le DAB, principal parti hongkongais pro-Beijing.

"Cette loi, qui entend réprimer le " séparatisme ", le " terrorisme ", la " subversion " et la " collusion avec des forces extérieures et étrangères ", vise à ramener la stabilité dans l'ex-colonie britannique secouée l'an passé par des manifestations monstres contre le pouvoir central.

Le Parlement s'est réuni deux fois en moins de deux semaines pour terminer la rédaction de cette loi critiquée à Washington et à Bruxelles ainsi que par les pro-démocrates à Hongkong, mais perçue par les médias d'État chinois comme un impératif de " sauvegarde de la sécurité nationale dans la région administrative spéciale de Hong Kong ". Un "organe de sécurité nationale", relevant du gouvernement central, devrait par ailleurs être institué à Hong Kong - une première. Cette loi est donc cruciale pour le pouvoir chinois.

Quelle sera la réaction des Hongkongais après le vote du texte? Une séance d'information serait prévue ce mardi pour les autres, avant de discuter de l'insertion des nouvelles mesures dans l'annexe III de la " Loi fondamentale", la mini-constitution de Hong Kong.

Échaudé par ces événements, Pékin a élaboré en quelques semaines un texte qui contourne le conseil législatif local, faisant craindre à l'opposition honkongaise un recul sans précédent des libertés dans la ville de 7,5 millions d'habitants. "Avec des pouvoirs étendus et une loi mal définie, la ville se transformera en un # étatdepolicesecrète", a gazouillé mardi Joshua Wong, l'une des figures du mouvement prodémocratie hongkongais.

"Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait". Aux yeux du milliardaire républicain, il s'agit de faire comprendre à la Chine que Hong Kong, sans autonomie réelle, peut perdre sa prospérité et son attractivité, et donc son rôle de place financière mondiale si important pour l'économie chinoise tout entière.

"Invoquant la " sécurité nationale des États-Unis", le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a décidé de mettre fin aux ventes d'équipement de défense sensible à Hong Kong pour éviter " qu'il tombe aux mains " de l'armée chinoise, " dont l'objectif premier est de préserver la dictature du Parti communiste chinois par tous les moyens nécessaires " selon lui.

Les États-Unis avaient annoncé dès vendredi des restrictions de visas pour les responsables chinois accusés de "remettre en cause" l'autonomie du territoire.

Le gouvernement américain va aussi " prendre des mesures pour imposer, s'agissant de Hong Kong, les mêmes restrictions sur les technologies américaines de défense et à double usage civil ou militaire qu'il impose pour la Chine ".

Depuis sa rétrocession, Hong Kong jouit d'une large autonomie par rapport à la Chine continentale, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes".

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