Face au boycott de plusieurs annonceurs, Facebook durcit sa politique de modération

30 Juin, 2020, 18:22 | Auteur: Aubrey Nash

Coca-Cola, l'une des marques les plus connues du monde et qui dépense des sommes énormes en publicité, a annoncé, vendredi 26 juin, qu'elle suspendait pendant au moins 30 jours toute promotion sur les réseaux sociaux pour les forcer à faire davantage pour supprimer les contenus haineux. Une façon pour le géant des boissons gazeuses de les inciter à faire preuve de plus de "transparence et de responsabilité", notamment sur la question du racisme.

"Les marques ont le devoir d'aider à construire un écosystème numérique fiable et sûr (.). Il reste encore beaucoup à faire, en particulier en termes de division et de discours haineux pendant cette période électorale polarisée aux Etats-Unis", a expliqué Unilever pour justifier sa décision. "Il n'y a pas de place pour le racisme", a justifié le PDG du groupe. Coca-Cola va mettre à profit cette pause pour "faire le point sur [ses]stratégies publicitaires et voir si des révisions sont nécessaires", d'après James Quincey.

Elle vise à obtenir une meilleure régulation des groupes incitant à la haine, au racisme ou à la violence sur le réseau.

Parmi ces annonceurs on compte notamment Unilever ou encore Verizon.

Sans se référer spécifiquement au mouvement de boycott, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a annoncé vendredi que son entreprise durcissait certains aspects de sa politique de modération.

Ces entreprises reprochent à Facebook de n'avoir pas suffisamment contrôlé les discours haineux et la désinformation sur le réseau social. Mais vendredi, il a lui-même détaillé le durcissement de sa position. "Plus précisément, nous élargissons notre politique relative aux annonces afin d'interdire les allégations selon lesquelles des personnes d'une race, d'une origine ethnique, d'une origine nationale, d'une appartenance religieuse, d'une caste, d'une orientation sexuelle, d'une identité de genre ou d'un statut d'immigrant spécifiques menacent la sécurité physique, la santé ou la survie d'autrui".

La deuxième mesure prise par le patron acculé concerne directement l'incident qui a mis le feu aux poudres fin mai. Contrairement à Twitter qui considérait qu'il y avait incitation à la haine, Facebook avait refusé d'intervenir sur des messages polémiques de Donald Trump. Des avertissements seront également apposés aux publications problématiques qui sont laissées en ligne.

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