Le groupe PSA renonce à faire venir des ouvriers polonais en France

14 Juin, 2020, 23:31 | Auteur: Aubrey Nash
  • Dans la situation actuelle les entreprises doivent tout faire pour protéger l'emploi en France, indique le Ministère du Travail

Ce lundi, une centaine d'ouvriers du site polonais de Gliwice devaient renforcer les équipes d'Hordain.

Plus tôt dans la journée, le ministère de l'Économie avait annoncé que le groupe automobile PSA s'était engagé auprès du ministre Bruno Le Maire à revenir sur sa décision de faire venir en France certains de ses ouvriers polonais pour renforcer ses équipes du site d'Hordain.

"L'objectif" est d'arriver à 531 personnes de plus, pour produire à partir de début juillet en trois équipes (matin, après-midi et nuit), contre deux actuellement, et honorer les commandes en attente d'environ 30 000 utilitaires. "Le redémarrage ne se fait pas au même niveau sur tous les sites". Elle dit ne faire aucune économie avec cette stratégie.

"Cette équipe supplémentaire dépendra du maintien de la demande des clients dans un contexte économique incertain et de la poursuite des aides gouvernementales en soutien du marché automobile très fortement ébranlé par les conséquences du COVID19 et les nouvelles réglementations en matière d'émissions", a-t-elle ajouté. "Carlos Tavares abandonne pour Hordain, mais il n'abandonne pas son projet, c'est un premier recul après la pression des salariés, mais il n'abandonne pas son projet de vouloir transformer les salariés de PSA en nomades de l'industrie, de créer une mobilité internationale", a-t-il déclaré. "La venue des travailleurs polonais à PSA Hordain est annulée, (.) mais on va continuer à se battre pour que ce soit le cas aussi ailleurs", en Moselle par exemple, s'est réjoui auprès de l'AFP Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord. "On est conscient que PSA veut privilégier l'emploi de ses salariés mais elle met sur le carreau ses intérimaires", a regretté Frédéric Jarousset (FO).

"Le groupe choisit de donner de l'activité à ses salariés", justifie-t-on, alors que 80% des employés de l'usine polonaise, qui reprend "progressivement", seraient en activité partielle. Sur les 500 intérimaires présents mi-mars, il n'en reste que 270, selon PSA, qui a suspendu leurs contrats avec les sociétés d'intérim. "C'est à vomir!", s'est-il exprimé sur Twitter.

Le groupe affirme envoyer également, de façon temporaire, des salariés de Poissy à Rennes, de Mulhouse à Sochaux et en Angleterre, de Ellesmere Port à Luton.

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