Hydroxychloroquine: The Lancet prend ses distances avec son étude controversée

04 Juin, 2020, 02:26 | Auteur: Jonathan Ford
  • Hydroxychloroquine The Lancet prend ses distances avec son étude controversée

La prestigieuse revue médicale The Lancet a pris ses distances avec l'étude très critiquée qu'elle a publiée sur l'hydroxychloroquine, en reconnaissant dans un avertissement formel que "d'importantes questions" planaient à son sujet.

Si une "expression of concern" n'est pas aussi lourde de conséquences qu'une rétractation pure et simple, elle est tout de même de nature à jeter le doute sur des travaux scientifiques. Pour rappel, elle concluait que l'hydroxychloroquine n'était pas bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et pouvait même être néfaste.

L'OMS (Organisation mondiale de la santé), qui avait suspendu les essais cliniques sur l'hydroxychloroquine contre le Covid-19 après la publication de l'étude, est finalement revenue sur cette décision mercredi. Aussitôt en France, l'Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) a décidé de lancer une procédure de suspension des essais cliniques et deux jours plus tard, un décret paru au Journal officiel abrogeait les dispositions dérogatoires autorisant la prescription d'hydroxychloroquine à l'hôpital, hors essais cliniques.

L'étude en cause se fonde sur environ 96 000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 hôpitaux, et compare l'état de ceux qui ont reçu le traitement à celui des patients qui ne l'ont pas eu.

Hydroxychloroquine The Lancet prend ses distances avec son étude controversée
Le professeur Didier Raoult le 26 février 2020 depuis son bureau à l'IHU à Marseille AFP Archives

Ces données émanent de Surgisphere, qui se présente comme une société d'analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis. " Nous avons besoin d'une vraie évaluation indépendante ", a ainsi réagi sur Twitter un des initiateurs de la lettre ouverte, le chercheur James Watson. "Des doutes planent sur l'intégrité de l'étude du Lancet. Rétrospectivement, il semble que les décideurs politiques se soient trop appuyés sur ce papier", a pour sa part commenté le professeur Stephen Evans, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Après avoir déjà qualifié l'étude de "foireuse", il a estimé qu'elle avait été réalisée par des "pieds nickelés", dans une vidéo mise en ligne mardi. Celle-ci s'adressait aux auteurs et aux éditeurs de l'étude statistique concernée face à "de nombreuses inquiétudes relevant de la méthodologie et de l'intégrité des données" sur lesquelles ses conclusions se basent.

Le 25 mai dernier, le Lancet publiait un article montrant des résultats négatifs de l'hydroxychloroquine, notamment une augmentation de la mortalité et des troubles cardiaques.

Olivier Véran a demandé à la revue "une relecture des données brutes telles qu'elles avaient été livrées dans le cadre de l'étude", a-t-elle indiqué au cours du compte rendu du conseil des ministres de ce 3 juin.

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