La cantatrice Mady Mesplé est décédée à 89 ans

02 Juin, 2020, 11:20 | Auteur: Sue Barrett
  • Mady Mesplé tout là-haut

En 1953 à Liège, pour ses débuts à la scène, Mady Mesplé se glisse dans les vocalises étourdissantes de Lakmé, l'opéra orientaliste de Léo Delibes, dont le redoutable "air des clochettes " deviendra un des "tubes " de la soprano aux suraigus enjôleurs.

La célèbre cantatrice s'est éteinte à l'âge de 89 ans, samedi 30 mai, à Toulouse, sa ville natale. Elle voulait devenir pianiste mais le hasard en a décidé autrement au Théâtre du Capitole, où l'on remarque ses qualités vocales. J'avais une voix juste, et ça c'est un don. Elle confiait dans des entretiens à France Musique: "Il faut être très musicien, avoir beaucoup d'oreille". Elle a chanté sous la direction des plus grands, Georges Prêtre, Bernard Haitink, Pierre Dervaux et avec de grands metteurs en scène, comme Patrice Chéreau et Franco Zeffirelli. Elle a aussi abordé la musique contemporaine, Betsy Jolas ou Nans Werner Henze. Le compositeur Charles Chaynes, Toulousain comme elle, lui dédiera ses "Quatre poèmes de Sappho pour soprano et trio à cordes" qu'elle créera le le 26 novembre 1968 au Capitole.

Atteinte de la maladie de Parkinson, Mady Mesplé a quitté la scène en 2001, à l'âge de 70 ans. Elle confessera dans "La Voix du corps" qu'elle a publié aux aux éditions Michel Lafon en 2010 "Chanter face au public m'aidait à oublier que j'étais malade car son enthousiasme me galvanisait". Depuis 1996, elle était marraine de l'association France Parkinson.

Elle était revenue vivre à Toulouse et fréquentait assidument le Capitole. Le milieu lyrique, par la voix de Christophe Ghristi, à la tête du Théâtre du Capitole de Toulouse, ou du ténor Ludovic Tézier, lui rendait hommage ce dimanche. Elle venait à tous les spectacles au Théâtre du Capitole, avec une soif d'entendre de la musique.

Elle laisse une très importante discographie.

Sa fine silhouette et son visage très pur conviennent si bien aux héroïnes lyriques de Donizetti (Lucia de Lammermoor) ou Verdi (Rigoletto) mais aussi Richard Strauss (la délurée Zerbinetta d'Ariane à Naxos). Elle s'étonnait que les élèves du conservatoire n'aient aujourd'hui "qu'une heure et quart de solfège par jour alors qu'on en avait six à mon époque".

Christine Albanel, ministre de la Culture l'avait élevée en 2009 à la dignité de grand officier dans l'Ordre national du mérite.

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