Rappel de l'ambassadeur d'Algérie à Paris, le Quai d'Orsay réagi

29 Mai, 2020, 10:06 | Auteur: Sue Barrett
  • Des drapeaux algérien et français

"Fâchée après la diffusion de deux documentaires télévisés sur le " Hirak ", l'Algérie a décidé ce mercredi 27 mai 2020 de rappeler " immédiatement " pour consultations son ambassadeur en France.

"Le caractère récurrent de programmes diffusés par des chaînes de télévision publiques françaises (.), en apparence spontanés et sous le prétexte de la liberté d'expression, sont en fait des attaques contre le peuple algérien et ses institutions" dont l'armée, s'est offusqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Pour rappel, France 5 a diffusé, dans la soirée du 26 mai, un reportage sur l'Algérie et le mouvement de contestation populaire Hirak. Il a été retransmis en direct sur certaines pages Facebook.

Le documentaire "Algérie, mon amour" de Mustapha Kessous est un long-métrage documentaire dédié au Mouvement populaire enclenché le 22 février 2019 en Algérie. Une décision sur laquelle le groupe France Télévisions a refusé de faire le moindre commentaire. L'ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, avait été convoqué après les déclarations d'un intervenant sur la crise du coronavirus sur France 24 qui avaient fortement déplu aux autorités algériennes.

"L'ensemble des médias jouit d'une complète indépendance rédactionnelle qui est protégée par la loi en France", a répété jeudi le Quai d'Orsay, en assurant que "la France respecte pleinement la souveraineté de l'Algérie". Sa retransmission n'a pas été du goût du régime algérien.

Et au début de l'année, le président Abdelmadjid Tebboune, sitôt élu, avait réclamé le "respect mutuel" dans les relations bilatérales, en rappelant que "l'Algérie n'est pas une chasse gardée de la France". Il affirme toutefois qu'il n'a jamais " prétendu représenter ni les jeunes Algériens, encore moins aucune idée ou idéologie ".

Ce coup de chaud diplomatique survient au moment où la répression continue à s'abattre sur des opposants, des journalistes et médias indépendants ainsi que des internautes.

Le gouvernement algérien a bloqué ces dernières semaines plusieurs sites d'information en ligne accusés d'être financés par des "organisation étrangères".

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