Ségur de la Santé : la concertation lancée aujourd'hui

27 Mai, 2020, 19:53 | Auteur: Jonathan Ford
  • Des décisions devraient être prises pour juillet

Tout à la fois des salaires augmentés de manière "significative" et une évolution de leur "quotidien" à l'hôpital "dans les tout prochains mois".

Après quinze jours de déconfinement, l'épidémie de coronavirus semble refluer et le gouvernement a lancé lundi le "Ségur de la Santé", vaste concertation destinée à améliorer "dans les tout prochains mois" les conditions de travail et la rémunération des soignants.

Le Premier ministre a promis aux soignants des "changements radicaux", "rapides", s'appuyant sur des "moyens nouveaux", s'ajoutant à l'effort financier promis à l'automne dernier: une reprise de la dette des hôpitaux à hauteur de 10 milliards d'euros et un plan d'investissement représentant 150 millions d'euros par an.

Rappelant le calendrier serré (avec des décisions prises "en juillet "), le chef du gouvernement a fixé cinq axes pour cette concertation pilotée par l'ancienne dirigeante de la CFDT Nicole Notat: une "reconnaissance pour nos soignants", un "investissement massif", une " agilité retrouvée", une "organisation territoriale" et une " modernisation par le numérique". "Sur ce point, je le dis sans ambiguïté, la revalorisation sera significative", a assuré M. Philippe, en saluant la résistance du système de santé dont les Français peuvent être "fiers".

Dans le sillage du ministre de la Santé Olivier Véran, Édouard Philippe a également estimé que la question du temps de travail à l'hôpital public "n'est pas un tabou". "Le temps de travail doit être regardé de la même façon", a-t-il prévenu.

Cette réforme est réclamée de longue date par la Fédération hospitalière de France (FHF), qui souhaite plus d'autonomie pour les hôpitaux, désorganisés selon elle par les 35 heures - la plupart des salariés accumulant des RTT sur leurs comptes épargne-temps, faute de pouvoir les prendre. La crise exige de nous non pas de changer de cap, mais de changer de rythme.

" Nous voulons aller vite ", a expliqué Edouard Philippe.

Il a par ailleurs estimé qu'il est nécessaire de les réorienter.

Le Premier ministre a ensuite évoqué "l'enjeu de l'investissement et des modalités de financement de l'hôpital". Le chef du gouvernement a notamment assuré que l'État allait investir "massivement" dans le secteur hospitalier, jugeant nécessaire d'"accélérer les projets" portés par les hôpitaux et de les accompagner "dans leurs démarches de désendettement".

" Il ne s'agirait pas de revisiter que les rémunérations de quelques professionnels ou de quelques métiers ", a confirmé son homologue de la CGT-Santé, Mireille Stivala, qui " ira à toutes les réunions ".

Hier, une cinquantaine de personnes se sont regroupées devant le ministère de la Santé à l'appel du syndicat SUD-Santé qui avait déployé une banderole "Pas de retour à l'anormale".

Emmanuel Macron avait promis lors d'une visite à l'hôpital de Mulhouse le 25 mars "un plan massif d'investissement" pour l'hôpital à l'issue de la crise du coronavirus.

Concernant la question des carrières et des rémunérations, un Groupe Ségur national se réunira chaque semaine pour faire évoluer les discussions avec l'ensemble des acteurs impliqués. "Monsieur le président, montrez-nous qu'on peut compter sur vous", exhorte un collectif de soignants dans une lettre publiée par Libération.

Recommande: