Le cyclone Amphan dévaste des territoires entiers de l'Inde et du Bangladesh

21 Mai, 2020, 20:51 | Auteur: Lynn Cook
  • Le cyclone Amphan en Inde

Plus de trois millions de personnes avaient été évacuées et mises à l'abri à son approche.

Si l'intensité des cyclones s'est accentuée ces dernières années dans le golfe du Bengale, un phénomène partiellement attribué au changement climatique, les bilans humains sont généralement bien moindres que par le passé grâce à un système de surveillance plus développé et à des mesures préventives bien rodées. Les deux pays, qui redoutent des dégâts considérables, ont évacué près de deux millions de personnes.

Des centaines de villages côtiers inondés, des cultures perdues et des maisons détruites par milliers: le passage du cyclone Amphan a laissé jeudi des scènes de " dévastation inouïe " en Inde et au Bangladesh et y a fait 88 morts.

Amphan (se prononce "um-pun") a atterri vers 18H00 heure locale (12H30 GMT) à une centaine de kilomètres au Sud de la grande ville indienne de Calcutta, avant d'arriver au Bangladesh. Nous sommes passés à deux doigts de la mort, soupire-t-il.

En abattant des poteaux électriques, sectionnant des câbles et détruisant des transformateurs, le cyclone a entraîné des coupures d'électricité pour 15 millions de Bangladais. Ce responsable de la municipalité décrit un sillage de dévastation inouïe. Dix millions d'entre eux étaient toujours privés de courant jeudi matin.

Même constat de l'autre côté de la frontière, en Inde: " je n'ai jamais vu un désastre de cette magnitude", a confié à la presse Mamata Banerjee, la ministre en chef du Bengale occidental.

De larges parties de la capitale du Bengale occidental sont plongées dans le noir, l'électricité ayant été coupée préventivement par les fournisseurs pour éviter les accidents. Les météorologues redoutent une potentielle onde de tempête (raz-de-marée) qui pourrait aller jusqu'à cinq mètres de haut.

Au terme d'une nuit de terreur, les 15 millions d'habitants de Calcutta se sont réveillés avec le spectacle d'une ville aux rues inondées, des voitures remplies d'eau parfois jusqu'aux fenêtres et des axes de circulation bloqués par les arbres et poteaux électriques tombés par terre. Des images montrent la piste de l'aéroport recouverte d'eau.

Apparu ce week-end en mer, Amphan avait atteint lundi la catégorie 4 sur 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson, avec des vents de 200 à 240 km/h. Côté indien, plus de 400 000 personnes ont été évacuées dans l'État du Bengale occidental et dans la région voisine d'Odisha.

Dans le district de Satkhira, au Bangladesh, les gens ont été contraints de s'entasser dans des abris où la promiscuité était inévitable.

Si les pays de la région ont retenu les leçons des cyclones dévastateurs des décennies précédentes (construction ces dernières années de milliers d'abris pour la population et développement de politiques d'évacuation rapide), leur tâche est cependant compliquée cette fois-ci par la pandémie de coronavirus, les déplacements de populations risquant de favoriser la propagation du virus.

Cox's Bazar au Bangladesh - qui abrite actuellement plus de 850 000 réfugiés Rohingya - est sur la trajectoire du cyclone et devrait connaître des vents violents et de fortes pluies qui pourraient endommager les maisons et les abris dans les camps de réfugiés et les communautés bangladaises.

"Nous avons dit aux gens de maintenir une distanciation physique dans les refuges à cause du coronavirus", a déclaré Shah Kamal, responsable de l'autorité de gestion des catastrophes du Bangladesh.

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