La chloroquine pourrait être efficace pour soigner les malades — Coronavirus

19 Mars, 2020, 12:53 | Auteur: Jonathan Ford
  • Didier Raoult directeur de l'IHU Méditerranée Infection

Il s'agit de la chloroquine, médicament employé contre le paludisme, que ce soit en préventif ou en curatif.

Selon ces résultats, "on a pu comparer la négativation du portage viral chez des patients qui ont suivi le protocole, avec des patients d'Avignon et de Nice qui n'ont pas reçu le traitement". L'utilisation de la chloroquine ajoutée à un autre antibiotique, l'azithromycine, a une efficacité sur la clairance du virus, c'est-à-dire qu'il fait disparaître plus rapidement le virus. Sanofi, qui travaille sur un vaccin contre le nouveau coronavirus, avait déjà annoncé vendredi la création d'un fonds d'amorçage pour soutenir l'effort de recherche des équipes de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dans leur lutte contre le coronavirus.

"Certains remèdes occidentaux, traditionnels ou domestiques peuvent apporter du confort et soulager les symptômes de la COVID-19 mais rien ne prouve que les médicaments actuels permettent de prévenir ou de guérir la maladie", soutient l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La chloroquine, ce traitement contre le paludisme utilisé depuis la fin des années 40, serait-il finalement le remède au Covid-19?

"Plus tôt avant cet essai, il y a également eu d'autres pistes possibles de traitements à base " d'anticorps monoclonaux " (variété d'anticorps thérapeutiques), " mais moins avancés", souligne le Pr Yazdan Yazdanpanah, directeur de l'Institut d'immunologie, inflammation, infection et microbiologie (I3M) à l'Inserm et expert auprès de l'OMS, lors d'une conférence de presse à Paris. " J'ai confié un essai clinique de plus grande ampleur à un tiers, nous attendrons les résultats".

Comme le rapporte plusieurs quotidiens dont Les Echos et 20 minutes, le professeur Didier Raoult, directeur de l'institut hospitalier universitaire (IHU) Méditerranée, a rendu publics les résultats de son essai clinique à l'hydroxychloroquine réalisé sur 24 patients atteints par le coronavirus. "Ne plus l'avoir, ça change le pronostic", précise-t-il.

Les prochains essais cliniques devront donc faire la preuve de l'efficacité ou non de la chloroquine. "Il y a urgence à organiser de telles recommandations en France, et c'est ce que j'ai proposé aux autorités sanitaires", dit-il.

En effet, mercredi, au sortir du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye a expliqué que " le ministère a souhaité étendre ces essais cliniques, qui seront dupliqués sur un plus grand nombre de patients ".

Le ministre a souligné être "en lien très étroit avec le professeur Didier Raoult " qui a mené ces premiers essais à Marseille et en a réclamé l'extension.

Les initiatives des entreprises se multiplient face à la pandémie.

" Sanofi s'engage à mettre son traitement à la disposition de la France et à offrir plusieurs millions de doses qui pourraient permettre de traiter 300 000 patients", a indiqué à l'AFP un porte-parole du laboratoire, tout en précisant que le groupe se tenait prêt à travailler avec les autorités de santé françaises " pour confirmer ces résultats ".

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