La France n’accueillera plus d’imams ni d’enseignants détachés algériens

19 Février, 2020, 19:38 | Auteur: Lynn Cook
  • Communautarisme: Emmanuel Macron a pris le temps de la réflexion

La commission d'enquête du Sénat sur la radicalisation islamiste, créée en novembre, "suivra la mise en oeuvre" des annonces d'Emmanuel Macron sur le séparatisme et "en fera l'évaluation", a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué.

Le président français a notamment annoncé la fin progressive des " imams détachés", c'est à dire envoyés par d'autres pays comme la Turquie et l'Algérie, sans préciser à quelle date cette mesure serait appliquée.

Macron veut augmenter parallèlement le nombre d'imams formés en France et mettre fin à l'accueil des quelques 300 " psalmodieurs " reçus chaque année durant le ramadhan.

"Impuissance criante"Lors d'un déplacement à Mulhouse dédié à la lutte contre le séparatisme islamiste, Emmanuel Macron a été photographié à quelques centimètres d'une femme portant un niqab", note le député pour qui le président de la République fait ainsi " montre d'un laxisme humiliant en acceptant cette provocation et en laissant la contrevenante violer ostensiblement la loi de 2010".

Le président a également annoncé un contrôle renforcé des financements étrangers des lieux de culte, pour pouvoir bloquer des projets suspects. "Nous devons savoir d'où vient l'argent, qui le touche et pour quoi faire", a-t-il dit.

"Dans la République, on ne peut pas accepter qu'on refuse de serrer la main à une femme parce qu'elle est femme; dans la République, on ne peut pas accepter que quelqu'un refuse d'être soigné ou éduqué par quelqu'un; dans la République, on ne peut pas accepter la déscolarisation; dans la République, on ne peut pas exiger des certificats de virginité pour se marier; dans la République, on ne doit jamais accepter que les lois de la religion puissent être supérieures aux lois de la République, c'est aussi simple que ça", a énuméré le président de la République.

Il s'est d'ailleurs interrogé sur les finalités de l'immense mosquée An-Nour à Mulhouse et de son complexe comprenant piscine, écoles et commerces, financés en grande partie par une ONG du Qatar.

Il a également décidé l'arrêt, dès la prochaine rentrée scolaire, d'un dispositif de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d'autres pays, déplorant l'absence de contrôle sur ces enseignements.

Ces Elco concernent neuf pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie) et "80.000 élèves" par an, a indiqué le chef de l'Etat. Pour répondre à ce refus, le chef de l'État a menacé de supprimer l'enseignement du turc sur le territoire. Ils seront ensuite remplacés par "des enseignements internationaux, contrôlés cette fois-ci par l'Éducation nationale".

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