Renault dans le rouge pour la première fois en dix ans

15 Février, 2020, 10:39 | Auteur: Aubrey Nash
  • 2019 a été une année difficile pour Renault, a reconnu Clotilde Delbos directrice générale par intérim du constructeur automobile

Pour 2020, dans un marché mondial toujours en déclin, le groupe au losange anticipe une nouvelle baisse de sa rentabilité.

Du bon côté de la balance, l'objectif d'abaisser le point mort du groupe de 2 milliards d'euros d'ici trois ans, les commentaires du nouveau patron de l'ingénierie, l'ex-PSA Gilles Le Borgne, sur les "marges importantes d'amélioration" de l'efficacité industrielle, et la mise en place d'un principe "leader-follower " avec Nissan et Mitsubishi constituent des signes de réactivité et de progrès de la collaboration au sein de l'Alliance.

Selon un consensus réalisé par Factset, les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 1,98 milliard d'euros, sur un résultat d'exploitation de 2,79 milliards d'euros et sur un chiffre d'affaires de 55,28 milliard d'euros.

Renault a publié vendredi matin une perte nette de 141 millions d'euros sur 2019, affecté par le recul de ses ventes et de sa rentabilité opérationnelle, dans un marché mondial en baisse. Renault est très loin de ses objectifs de ventes dans le pays ce qui a conduit à une dépréciation de 400 millions d'euros l'an dernier.

Le recul des performances de Nissan pèse sur le groupe Renault.

C'est la première fois depuis 2009 que Renault est dans le rouge sur une année: à l'époque, en pleine crise financière, il avait essuyé une perte de 3,1 milliards d'euros.

Le groupe avait déjà revu à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires et de profit pour 2019 en octobre dernier. Jeudi, de mauvaises nouvelles étaient arrivées du Japon où le partenaire Nissan, détenu à 43% par Renault, a encore revu à la baisse ses perspectives après une chute de ses profits sur neuf mois. Un plan d'économies est en préparation, et des fermetures d'usines ne sont pas exclues.

A la suite de ces annonces, le titre Renault perd 3,2% à la Bourse de Paris, accusant l'un des plus forts replis du SBF 120.

"La visibilité pour 2020 reste limitée par la volatilité attendue des marchés, notamment en Europe en raison de la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Economy, NDLR) et par les possibles impacts du coronavirus". Celui-ci correspond à ce que le groupe estime être un niveau "normalisé " de dividendes venant de Nissan et Daimler, a précisé la directrice générale par intérim, Clotilde Delbos.

Elle reconnait que Renault et Nissan ont des capacités excédentaires de production.

Les prévisions 2020 ne tiennent cependant pas compte "d'éventuels impacts liés à la crise sanitaire du coronavirus", a souligné Renault.

Le constructeur, qui est parvenu toutefois à maintenir un free cash flow opérationnel positif à hauteur de 153 millions d'euros (454 millions de moins que l'année précédente), a également réduit des deux tiers, à 1,10 euro par action, son dividende pour l'exercice écoulé, et dit viser pour l'année en cours une baisse de sa marge à 3-4%, contre 4,8% en 2019.

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