Perquisition à la maison d'édition Gallimard — Affaire Matzneff

14 Février, 2020, 01:08 | Auteur: Sue Barrett
  • Affaire Matzneff un

Elle y dénonce sa relation sous emprise avec l'écrivain alors qu'elle était mineure, dans les années 80.

L'enquête sur l'auteur Gabriel Matzneff pour viols sur mineurs a mené à une perquisition mercredi au siège de la maison d'édition Gallimard pour chercher des écrits qui ne seraient pas dans les ouvrages de l'écrivain.

Selon une source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart, les enquêteurs s'intéressent aussi à Christian Giudicelli, son éditeur au sein de Gallimard et compagnon de voyage aux Philippines.

Gabriel Matzneff, l'écrivain français qui a parlé ouvertement pendant des décennies de s'engager dans la pédophilie, a été inculpé mercredi devant un tribunal de Paris pour promotion des abus sexuels sur enfants.

En parallèle de cette procédure, une enquête pour "viols sur mineur" a été ouverte par le parquet de Paris après le témoignage de Springora.

Mardi matin, Rémy Heitz avait annoncé sur Europe 1 qu'un appel à témoins serait lancé dans la journée pour éviter qu'il y ait des "victimes oubliées".

Il s'agit de la seconde perquisition au siège de l'éditeur de Gabriel Matzneff depuis l'ouverture de l'enquête le 3 janvier, au lendemain de la parution du roman autobiographique Le Consentement de Vanessa Springora. "S'il y a eu d'autres victimes", il faut "leur permettre de s'exprimer, de prendre en compte leur parole et de poursuivre l'auteur des faits", a-t-il ajouté.

L'éditrice a été entendue fin janvier par les enquêteurs mais les faits la concernant sont prescrits. Dans un article publié mardi par le New York Times, il s'insurge face à la perspective de poursuites judiciaires: " Qui sont-ils pour juger leurs semblables? Le comportement de Gabriel Matzneff, décrit dans ses propres livres, a longtemps été toléré dans le monde littéraire parisien.

Dans un entretien à l'ex-site Biffures, en 2008, M. Matzneff déclarait avoir "autocensuré" des "passages" de ses écrits qui risquaient d'être "jugés spécialement scandaleux" et les avoir mis "en sécurité dans un coffre de banque". Déconcerté, Matzneff l'a aussi été lorsqu'il a appris que le livre de Vanessa Springora, avait été décidé lorsqu'il a reçu le prix Renaudot.

Dans une interview diffusée fin janvier, il avait affirmé "regretter" ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu'"à l'époque", "jamais personne ne parlait de crime". Dans une lettre, il avait dit ne pas mériter "l'affreux portrait" publié par l'éditrice.

Recommande: