Amazon veut faire témoigner Trump après avoir été écarté d'un contrat public

13 Février, 2020, 10:51 | Auteur: Aubrey Nash
  • REUTERS James Mattis et Donald Trump

Un contrat prestigieux d'un montant de jusqu'à 10 milliards de dollars sur dix ans.

Connu sous l'acronyme JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure Cloud), le contrat portait sur la fourniture à l'armée américaine d'un dispositif de stockage d'informations accessible à distance: "Pour que l'opinion publique garde sa confiance dans le système des marchés publics, il convient qu'une enquête soit faite, tout particulièrement à la lumière de l'ordre donné par le président Trump de nuire à Amazon", a déclaré un représentant d'Amazon.

Depuis que Microsoft l'a remporté en novembre, Amazon accuse le président d'avoir piloté le choix du Pentagone sans considération pour les arguments objectifs, qui, selon elle, penchent largement en sa faveur, que ce soit en termes d'expérience ou de technologie.

"Le président Trump a démontré à plusieurs reprises sa volonté d'utiliser sa position de président et de commandant en chef pour interférer avec les fonctions du gouvernement - y compris les marchés publics fédéraux - pour faire avancer son programme personnel", a déclaré le porte-parole. Outre le président américain, AWS espère également qu'en plus de l'actuel ministre de la Défense, Mark Eper, l'ancien secrétaire d'Etat américain à la Défense, James Mattis, soit aussi interrogé.

Pour clarifier la situation, la branche services IT d'Amazon, AWS, a lancé une procédure visant directement Donald Trump pour le contraindre à s'expliquer sur les raisons ayant poussé le Pentagone a finalement se tourner vers Microsoft pour le contrat JEDI.

"La question à se poser est la suivante: le président des Etats-Unis devrait-il être autorisé à utiliser le budget du ministère de la Défense à des fins personnelles et politiques?", conclut-il. Rien ne dit que la procédure en cours réussisse réellement toutefois: "Le ministère s'oppose fermement à ce que de hauts responsables du Pentagone fassent des dépositions", a réagi le lieutenant-colonel Robert Carver, porte-parole du ministère de la Défense, qui ne compte d'ailleurs pas retarder la mise en oeuvre du contrat avec Microsoft pour autant.

En novembre, Mark Esper avait réfuté les critiques d'Amazon.

Dès le mois de décembre Amazon a contesté cette décision en affirmant que Donald Trump avait joué un rôle direct dans cette affaire en exerçant des "pressions abusives sur le Pentagone", pour empêcher Amazon de remporter le contrat.

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