" "Abbas rejette la vision américaine d'un État palestinien " gruyère " — ONU

13 Février, 2020, 06:21 | Auteur: Lynn Cook
  • L'homme aux cheveux blancs portant des lunettes parle et gesticule

Il a qualifié le projet de Donald Trump de "fromage suisse" et a évoqué une situation "d'apartheid". Il ferait de la Palestine "un État fragmenté", sans contrôle aérien, sans contrôle maritime.

Parmi les amendements proposés, Washington a demandé de supprimer la mention d'une vision à "deux États souverains et démocratiques" pour ne conserver que la qualification "d'États démocratiques". Il intègre aussi sans les remettre en cause les colonies israéliennes et les territoires annexés par Israël, comme la vallée du Jourdain en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, avec des frontières en rupture avec les lignes tracées à l'époque.

Mahmoud Abbas a brandi le plan de paix israélo-américain/REUTERS-Shannon Stapleton. Il prévoit aussi un Etat démilitarisé pour la Palestine altérant sa souveraineté.

" Ce sont nos territoires", a asséné devant le Conseil de sécurité Mahmoud Abbas".

Pour l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft, le plan, qui s'accompagne d'un investissement de 50 milliards de dollars, "est réaliste et peut être mis en oeuvre ". "Ce n'est pas un projet figé dans le marbre, à prendre ou à laisser", a-t-elle ajouté, évoquant " une proposition de début de dialogue ". "Qu'est-ce qui vous donne le droit de les annexer?", a-t-il demandé aux Israéliens, en appelant "la communauté internationale à faire pression" sur l'État hébreu pour empêcher cette perspective qui pourrait intervenir au lendemain des prochaines élections israéliennes début mars.

Mahmoud Abbas a souligné que "les États-Unis ne pouvaient plus être le seul médiateur" pour une paix au Proche-Orient et a appelé le Quartet et les membres du Conseil de sécurité à organiser une conférence internationale de paix.

Dans une déclaration commune avant la réunion du Conseil de sécurité, les membres de l'Union européenne siégeant dans cette instance (Belgique, France, Allemagne, Estonie, plus la Pologne, ancien membre) ont plaidé au contraire pour la création d'" un État d'un seul tenant, indépendant, démocratique, souverain et viable " pour les Palestiniens. Les États-Unis demandent aussi que le Conseil de sécurité accueille favorablement la discussion sur le plan américain dévoilé le 28 janvier pour faire avancer la cause de la paix.

Israël lui suggère d'annuler son voyage, a dit l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, en réclamant au dirigeant palestinien d'accepter de négocier l'avenir plutôt que de se concentrer sur le passé.

Le chef de l'Autorité palestinienne avait tenu à maintenir son allocution à New York, et ce, en dépit du renoncement quelques heures auparavant d'un vote de rejet du plan de Donald Trump devant de Conseil de sécurité.

Les pays européens ne se sont pas montrés unis et, dans le monde arabe, plusieurs États ont marqué leur soutien à Washington, comme les Émirats arabes unis, Oman ou Bahreïn.

Selon des diplomates, un vote d'une résolution à l'ONU critiquant le projet américain aurait été loin de recueillir les 14 voix qui avaient dénoncé, en décembre 2017 lors d'un vote du Conseil de sécurité, la décision américaine unilatérale de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

" Ce n'est qu'une fois qu'il sera parti qu'Israël et les Palestiniens pourront aller de l'avant", a-t-il dit, provoquant l'indignation du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, assis à sa droite, qui s'est dit " stupéfait ". L'ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert (2006-2009), ne partage pas ce point de vue.

"Le vol du siècle", "La Palestine n'est pas à vendre", "A bas le deal du siècle", pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants dans le centre de Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, mardi après-midi.

Alors que les Palestiniens ont refusé de traiter avec Trump, le considérant comme partial, Abbas a déclaré que ses premières rencontres avec le milliardaire devenu président avaient été positives.

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