Procès en appel des Balkany : de deux à quatre ans ferme requis

12 Février, 2020, 16:21 | Auteur: Sue Barrett
  • Isabelle Balkany le 3 février 2020

L'avocat de Patrick Balkany a demandé ce mardi sa libération immédiate à la cour d'appel de Paris, qui juge le maire de Levallois-Perret pour blanchiment aggravé, après une expertise médicale relevant un "état général dégradé", "pas compatible" avec la détention.

Face à la menace de l'exécution provisoire de la peine complémentaire d'inéligibilité, le couple Balkany, uni à la ville comme dans la vie depuis 44 ans, a choisi de se retirer de la course aux municipales de mars. En conséquence, son avocat a demandé à la cour d'appel de Paris de libérer son client en prenant "ses responsabilités".

Pour cela, et en dépit d'une fraude "malicieuse" dissimulée par un chapelet de sociétés offshore, le parquet général a pris des réquisitions moins sévères qu'en première instance, demandant quatre ans ferme contre le maire, sans incarcération immédiate, et deux ans ferme contre son épouse, ainsi que la confiscation du moulin de Giverny (Eure) dont ils ont l'usufruit. Tous deux se sont vus aussi infliger dix ans d'inéligibilité et la saisie de leurs biens.Ces peines s'ajoutent aux condamnations pour fraude fiscale en septembre: quatre ans ferme pour lui et trois ans ferme pour elle. La cour doit examiner à 14h30, mercredi, une nouvelle demande de remise en liberté consécutive à cette expertise médicale. Le baron des Hauts-de-Seine, qui présente donc une "dégradation manifeste" est "porteur de maladies sérieuses" dont un "infarctus mésentérique", du nom d'une artère présente dans l'intestin, ainsi qu'un "état dépressif marqué".

Dans l'après-midi, et comme la justice le lui avait demandé, maître Romain Dieudonné a donc déposé une demande de mise en liberté en "bonne et due forme". L'avocat a aussitôt indiqué qu'il la déposerait dans l'après-midi.

Les Balkany sont soupçonnés d'avoir dissimulé au minimum 13 millions d'euros d'avoirs au fisc français entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, la villa Pamplemousse sur l'île de Saint-Martin et Dar Guycy à Marrakech.

En première instance, le tribunal avait condamné Patrick Balkany à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé, avec incarcération immédiate, et son épouse à quatre ans d'emprisonnement mais sans mandat de dépôt, eu égard à sa santé fragile. Les deux époux ont également été condamnés à 10 ans d'inéligibilité.

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