L'Usine Auto: Nissan réclame à Carlos Ghosn 83 millions d'euros de dédommagement

12 Février, 2020, 13:51 | Auteur: Aubrey Nash
  • Carlos Ghosn s'est enfui au Liban fin décembre alors qu'il avait été libéré sous caution en avril 2019 et préparait son procès au Japon

L'Alliance automobile franco-japonaise Renault Nissan Mitsubishi est incarnée juridiquement par la société Renault Nissan BV (RNBV), dont le siège est aux Pays-Bas, où Carlos Ghosn a entamé en juillet une procédure en justice contre les deux constructeurs automobiles nippons, estimant son éviction illégale.

"Nissan-Mitsubishi a déjà apporté une vaste quantité d'informations depuis le début de cette affaire, les détails ne manquent pas", a déclaré auprès de l'AFP Paul Durman, le porte-parole des représentants des groupes japonais, accusant l'autre partie de "partir à la pêche sans savoir précisément ce qu'elle cherche".

Sur ce même volet des paiements différés, Nissan doit par ailleurs comparaître en tant que personne morale dans un prochain procès au pénal au Japon, qui devait initialement aussi juger M. Ghosn. A l'époque, le document expliquait notamment que Ghosn avait "acheté des résidences pour son usage personnel exclusif à Beyrouth et Rio de Janeiro, en utilisant environ 27 millions de dollars" d'une filiale de Nissan.

Mais le magnat déchu de l'automobile a fui fin décembre au Liban, violant les conditions de sa liberté sous caution au Japon et laissant ainsi Nissan et l'un de ses anciens collaborateurs, l'Américain Greg Kelly, seuls face aux juges nippons. "Cette demande d'indemnisation annoncée aujourd'hui a été calculée sur la base des coûts assumés par Nissan à cause de Ghosn et de ses pratiques de corruption pendant de nombreuses années", justifie le groupe japonais.

De son côté, Carlos Ghosn réclame 15 millions d'euros d'indemnités de la part de Nissan et Mitsubishi Motors pour rupture abusive de son contrat.

En parallèle, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors a aussi engagé une bataille judiciaire contre le constructeur français, dont il exige le paiement d'une "retraite-chapeau" d'un montant brut de plus de un million de dollars par an et plus de 20 millions de dollars en actions.

Le constructeur automobile ajoute par ailleurs qu'il n'exclut pas de porter plainte pour diffamation contre son ancien patron, qui a largement épanché sa rancoeur envers Nissan dans les médias depuis sa fuite au Liban.

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