Syrie : Erdogan annonce la mort d’une trentaine de soldats, Moscou dément

04 Février, 2020, 18:37 | Auteur: Lynn Cook
  • Internationale - La Turquie pourrait envisager une intervention militaire

Cette escalade intervient après plusieurs mois d'intenses bombardements syriens et russes contre cette province d'Idleb, la dernière qui échappe encore au contrôle du président Bachar el-Assad. Il s'agit de l'incident le plus grave entre Damas et Ankara depuis l'intervention de la Turquie dans le conflit syrien en 2016 pour combattre le groupe État islamique (EI) et contrer l'avancée des forces kurdes près de sa frontière.

Ces échanges de tirs inédits par leur intensité entre forces d'Ankara et de Damas font, selon l'AFP qui rapporte l'information, monter d'un cran la tension à Idleb, dernier bastion dominé par des terroristes et des rebelles en Syrie.

Les chocs directs entre l'armée turque et les forces du régime syrien ont été rares depuis le début du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011. Parmi les nations qui sont actives en Syrie, il y a la Russie, le fidèle allié de Bachar Al Assad, les USA ou encore la Turquie.

Selon Ankara, les militaires turcs visés ont été envoyés à Idleb pour renforcer les quelque 12 postes d'observation turcs dans la région. En outre, neuf soldats turcs ont été blessés, dont un grièvement, selon la même source. Ils ont "examiné en détail le cours du règlement syrien, accordant une attention particulière à la situation dans la zone de désescalade d'Idlib", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Ce lundi 03 Février, Recep Tayip Erdogan a annoncé que son armée a procédé à un raid aérien dans la ville syrienne d'Idlib causant la mort d'une trentaine de soldats syriens.

"Nous allons continuer de demander des comptes", a averti le président turc qui a demandé par ailleurs à la Russie de ne pas "entraver" la riposte turque. L'agence officielle syrienne Sana a démenti elle tout décès dans les rangs de l'armée.

Le porte-parole du parti de Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, a estimé que le régime syrien avait attaqué les soldats turcs car il se sentait "protégé par le parapluie russe". Face à cette avancée, Recep Tayyip Erdogan avait menacé la semaine dernière de recourir de nouveau "à la force militaire". "La Russie respecte pleinement toutes les obligations de l'accord de Sotchi concernant Idlib".

Grâce à son aviation et aux bombardements quasi-quotidiens, le régime Assad a gagné du terrain dans ces zones dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, ex-branche d'Al-Qaïda.

Au moins neuf civils, dont quatre enfants, ont été tués lundi dans des raids sur le nord-ouest de la Syrie, a indiqué l'OSDH, sans préciser dans l'immédiat qui était à l'origine des tirs. Dimanche, plus de 300 véhicules blindés de l'armée turque auraient franchi la frontière en direction du sud, tandis que des groupes rebelles syriens, soutenus par Ankara, ont lancé une contre-offensive contre l'armée du régime à l'ouest d'Alep.

Déclenché par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 380.000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes.

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