" "Sanofi annonce sa mise en examen pour " tromperie aggravée " — Dépakine

04 Février, 2020, 19:35 | Auteur: Jonathan Ford
  • Sanofi mis en examen dans le scandale de la Dépakine

Le parquet de Paris avait ouvert en septembre 2016 une information judiciaire pour blessures involontaires et tromperie aggravée qui consiste en la "tromperie sur les risques inhérents à l'utilisation du produit et les précautions à prendre ayant eu pour conséquence de rendre son utilisation dangereuse pour la santé de l'être humain", menant leurs investigations sur la période courant de 1990 à avril 2015. En outre, l'entreprise n'avait suffisamment pas informé des risques connus pour les patientes enceintes, que sont les malformations congénitales, l'autisme ou encore les retards intellectuels, etc. L'enquête avait été ouverte en septembre 2016.

L'association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant (APESAC) représente 4000 personnes, la moitié sont des enfants malades.

Dans un communiqué, Sanofi a déclaré que la mise en examen va permettre à l'entreprise de faire valoir ses moyens de défense.

Sanofi a par ailleurs assuré qu'il "continuera de coopérer pleinement avec les autorités judiciaires et a toute confiance dans les suites de la procédure ". "Sanofi s'arc-boute sur une position de déni de responsabilité qui est de plus en plus difficilement tenable", a-t-il ajouté. Selon lui une quarantaine de personnes ont déposé une plainte au pénal dans ce dossier "d'une gravité extrême et qui concerne en réalité des milliers de victimes ". Selon l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans son rapport de février 2015, Sanofi n'a réagi que "faiblement" aux problèmes.

La Dépakine est au centre d'un retentissant scandale sanitaire depuis plusieurs années à cause des malformations congénitales provoquées chez les enfants de femmes sous traitement pendant leur grossesse. L'épidémiologiste Catherine Hill avance le chiffre de 14 000 victimes, en prenant en compte les enfants souffrant de retards de développement. Le valproate de sodium (Dépakine et ses dérivés) est responsable depuis 1967 de malformations chez 2 150 à 4 100 enfants, et de troubles neurodéveloppementaux chez 16 600 à 30 400 enfants, selon des estimations de l'assurance maladie et de l'Agence nationale de sécurité du médicament.

Le groupe avait alors décidé d'arrêter la production afin de réaliser les améliorations techniques nécessaires pour un retour à la normale.

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