Mike Pompeo en Ukraine avec l’"impeachment" de Trump en toile de fond

04 Février, 2020, 02:38 | Auteur: Lynn Cook
  • Mary Louise Kelly de la National Public Radio acceptant le prix du meilleur reporter aux Gracie Awards de 2018

Alors que le procès en impeachment de Donald Trump se poursuit aux États-Unis, son secrétaire d'État Mike Pompeo a effectué vendredi 31 janvier une visite très scrutée en Ukraine, le pays d'où est parti le scandale.

Le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky, soucieux de préserver la relation stratégique avec Washington, a assuré de son côté que "l'impeachment' du président américain' n'avait eu aucun impact sur la relation entre les deux pays".

"Je suis ici aujourd'hui avec un message clair: les États-Unis considèrent le combat ukrainien pour la liberté, la démocratie et la prospérité comme un combat courageux".

Les républicains rétorquent que Donald Trump a simplement utilisé ses prérogatives présidentielles pour lutter contre la corruption en Ukraine.

Le secrétaire d'État a réaffirmé le soutien de Washington à l'Ukraine, il a aussi assuré la poursuite de l'aide financière bilatérale, chiffrée à un milliard de dollars ces trois dernières années, mais pour le reste, fermez les rideaux.

Le président républicain est poursuivi pour abus de pouvoir pour son profit politique personnel, car il aurait, selon ses adversaires politiques, gelé une aide cruciale pour Kiev afin d'obtenir l'annonce d'enquêtes visant son concurrent démocrate Joe Biden et le fils de ce dernier, Hunter, qui a siégé à la direction du groupe gazier ukrainien Burisma.

Le département d'État américain a retiré lundi un autre journaliste de la NPR du pool de presse pour le prochain voyage de Pompeo à l'étranger, une décision de l'Association des correspondants du département d'État (SDCA) ne pourrait être considérée que comme des représailles pour l'interview du collègue.

Kiev veut que les Etats-Unis s'impliquent d'avantage dans le règlement du conflit avec les séparatistes prorusses dans l'est du pays, a déclaré vendredi le président Volodymyr Zelensky recevant le chef de la diplomatie américaine.

En revanche, M. Zelensky a appelé Washington à s'impliquer davantage dans la résolution du conflit avec les séparatistes qui a fait plus de 13.000 morts en six ans et face à l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.

Ainsi, si l'enquête contre les Biden n'a pas été ouverte, Kiev a aussi tenté de ménager la Maison Blanche en démentant toute pression indue de Donald Trump. La Russie est accusée de soutenir les séparatistes pour affaiblir l'Ukraine où la forcer à renoncer à son virage pro-occidental.

En matière économique, M. Zelensky a aussi promis de 'nouveaux contrats' en Ukraine pour des groupes américains, l'éventuel achat de l'armement américain pour la défense anti-aérienne et un 'renforcement considérable' de la coopération commerciale en 2020. Il n'a cependant pas évoqué de date, alors que M. Zelensky se disait prêt à venir 'dès demain'.

"Je vais (.) parler du travail important que les États-Unis et l'Ukraine continueront de faire ensemble pour lutter contre la corruption" et "du soutien dont le peuple ukrainien a besoin pour s'assurer qu'il dispose d'une nation libre et indépendante", a déclaré M. Pompeo mercredi.

M. Pompeo s'entretiendra par ailleurs avec le ministre de la Défense Andriï Zagorodniouk et des représentants de la société civile avant de poursuivre sa tournée à Minsk samedi matin.

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