A quelques heures du Brexit, l'Union Jack disparaît à Bruxelles

01 Février, 2020, 07:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Brexit n’est une bonne nouvelle ni pour l’Europe ni pour la France, regrette Xavier Bertrand

Le Brexit entrera officiellement en vigueur à minuit, heure de Bruxelles, vendredi 31 janvier. Après 47 ans d'un mariage houleux, le pays est sur le point de quitter vendredi soir l'Union européenne pour entamer "un nouvel acte" de son histoire, les voiles gonflées de promesses et d'incertitudes.

Après avoir été repoussé trois fois et semé la zizanie des foyers britanniques aux bancs du Parlement, le Brexit est prévu à 23H00 (heure de Londres et GMT), trois ans et demi après son vote par 52% des Britanniques au référendum de 2016.

Le moment est certes historique mais n'entraîne pas de grand changement concret dans l'immédiat.

Avec Bruxelles, les termes de la coopération doivent être définis d'ici à la fin de l'année, annonçant dès les semaines à venir des négociations qui s'annoncent âpres et dont l'issue demeure incertaine. Pour que la séparation se fasse en douceur, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles européennes jusqu'au 31 décembre. Un calendrier jugé très serré à Bruxelles.

Bruxelles, qui craint une concurrence déloyale, a d'ores et déjà prévenu: sans "conditions équitables" en matière d'environnement, de travail ou de fiscalité, pas de "large accès au marché unique". "On ne peut pas conserver les avantages attachés au statut de membre lorsqu'on n'a plus cette qualité", ont-ils ajouté.

Mais quel est donc cet obscur objet qu'est le Brexit?

Il a réussi là où la précédente locataire de Downing Street, Theresa May, s'était cassé les dents: il a fait adopter sans encombre son accord de divorce renégocié à l'automne avec Bruxelles.

"C'est le moment d'un vrai renouveau et changement national", doit dire le dirigeant conservateur dans un discours à la nation diffusé une heure avant le grand saut, tandis qu'une horloge lumineuse projetée sur Downing Street lancera le compte à rebours. La tâche s'annonce difficile.

"Il y a eu beaucoup d'alarmisme, mais je pense qu'en fin de compte ce sera une chose positive pour le Royaume-Uni, avec le temps", espère l'infirmier trentenaire Anthony Latham.

"Je suis simplement contenant que ce soit fait", a résumé Cory, un Londonien de 29 ans venu devant le Parlement britannique marquer le coup avec les "Brexiters" les plus durs, venus faire la fête à l'appel de l'europhobe Nigel Farage.

Face au refus catégorique de Londres d'autoriser un nouveau référendum sur l'indépendance, elle s'est dite déterminée à amplifier la bataille, envisageant également de défendre le droit d'organiser un vote consultatif devant les tribunaux.

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