Les Palestiniens menacent Trump et son soi-disant plan de paix

29 Janvier, 2020, 17:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Mahmoud Abbas a refusé de discuter avec Donald Trump du plan de paix américain entre Israël et les territoires palestiniens

" Ce n'est pas un plan de paix pour le Moyen-Orient", a ainsi martelé le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

"L'accord du siècle est un plan pour protéger Trump de l'isolement et Netanyahu de la prison, pas un plan de paix pour le Moyen-Orient, mais un plan d'auto-sécurité pour ses initiateurs", a déclaré Chtayyeh lors de l'ouverture de la session hebdomadaire du gouvernement palestinien à Ramallah.

Le plan reconnaîtrait également un État palestinien démilitarisé à une date ultérieure, mais il est très peu probable que les responsables palestiniens acceptent la proposition, qui selon Channel 12 exigerait également le désarmement du Hamas et la reconnaissance palestinienne de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Les Palestiniens ont rejeté le plan américain, indiquant égalament ne pas avoir été conviés à Washington.

"Je pense que (ce plan) a une chance" de favoriser la paix, a-t-il ajouté, affichant un optimisme à toute épreuve malgré le "non" catégorique de l'Autorité palestinienne, qui juge que Washington n'a plus la crédibilité nécessaire pour agir en médiateur après une série de décisions favorables à Israël.

Lundi, après la rencontre en cours entre Donald Trump et le Premier ministre israélien, qui ne tarissent jamais d'éloges l'un sur l'autre, le milliardaire républicain aura un tête-à-tête avec Benny Gantz, chef de l'opposition israélienne. Les Palestiniens espèrent faire de Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Selon le programme diffusé par l'exécutif américain, aucun de ces rendez-vous, qui interviennent un mois avant un nouveau scrutin dans l'Etat hébreu, ne sera ouvert à la presse. Mardi, Donald Trump et Benyamin Netanyahu s'exprimeront ensemble depuis la Maison Blanche à la mi-journée.

Aux termes de l'accord intérimaire dit d'Oslo II de septembre 1995 entre l'OLP et Israël, la Cisjordanie avait été partagée en trois zones: A, sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, B, sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, et C, sous contrôle civil et sécuritaire israélien.

L'année dernière, l'administration Trump a annoncé qu'elle ne considérait plus l'installation israélienne de civils en Cisjordanie comme " incompatible avec le droit international ", scandalisant davantage les Palestiniens.

Et d'ajouter: "le calendrier du plan et ce qui a été mis en œuvre sur le terrain, ne sont qu'une réponse aux souhaits de Netanyahu et une consolidation de l'occupation".

Les Etats-Unis ont présenté en juin le volet économique de leur plan, qui prévoit environ 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans.

Et de souligner que le président palestinien, Mahmoud Abbas, convoquera une réunion des dirigeants palestiniens pour discuter de la réponse à y apporter. Le mystère demeure. Mais Donald Trump et Jared Kushner ont refusé jusqu'ici d'utiliser le terme, rompant avec la position traditionnelle de la communauté internationale en faveur d'une solution "à deux Etats".

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