"Un seuil se franchit aujourd'hui" pour Jean-Luc Mélenchon — Retraites

28 Janvier, 2020, 09:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Ségolène Royal et Jean Luc Mélenchon ont réagi à l'interview d'Emmanuel Macron fustigeant les discours politiques qui tentent selon lui de justifier la violence

Au retour au retour d'Israël, où il a participé jeudi aux commémorations de la libération du camp nazi d'Auschwitz, le président français a longuement évoqué le sujet. " Aujourd'hui s'est installée dans notre société - et de manière séditieuse, par des discours politiques extraordinairement coupables-, l'idée que nous ne serions plus dans une démocratie, qu'une forme de dictature se serait installée ", a accusé Macron dans un entretien que doit diffuser Radio J vendredi matin, et que l'AFP a pu écouter.

Ces déclarations ont été saisies à la volée par la dirigeante de l'extrême droite, Marine Le Pen. "Comparer la Shoah à la guerre d'Algérie est obscène".

"Affirmer que la guerre d'Algérie pourrait avoir "à peu près le même statut que celui qu'avait la Shoah pour Chirac en 1995" semble annoncer une reconnaissance de culpabilité de la France dans la guerre d'Algérie, ce à quoi se sont opposés tous les présidents qui ont précédé Emmanuel Macron, quoi qu'on en pense", a indiqué l'historien, considérant que "c'est de la folie sur tous les plans: historique, politique et diplomatique ".

La question de la guerre d'Algérie est à nouveau venue tendre le débat politique en France.

Alors candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron avait créé la polémique pendant sa campagne en 2017 en qualifiant la colonisation de "crime contre l'Humanité".

En attendant de trouver la bonne formule, Emmanuel Macron s'inspire de son défunt prédécesseur, Jacques Chirac. "La guerre d'Algérie, sans doute, est le plus dramatique d'entre eux", confirme-t-il. Je le sais depuis ma campagne. Et, depuis le début de son quinquennat, le chef de l'État, né bien après la fin de la guerre d'Algérie, a déjà entrepris plusieurs incursions sur ce terrain historique si sensible, en honorant les harkis ou en reconnaissant que Maurice Audin, mathématicien pro-indépendance disparu en 1957, était bien "mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France".

"La nouvelle génération, en France comme en Algérie, veut se réapproprier une histoire qui ne soit ni fantasmée ni instrumentalisée".

"C'est de l'indécence. Après avoir qualifié la colonisation de 'crime contre l'humanité', il fait l'amalgame entre la guerre d'Algérie et le pire génocide de l'histoire humaine!", s'est ému samedi le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, dans le Figaro, en dénonçant une "double offense": pour "les soldats français qui ont combattu en Afrique du Nord et qui se voient assimilés aux bourreaux de la pire espèce" et pour "les victimes de la Shoah puisque cet insupportable rapprochement revient à relativiser la monstruosité qu'a été l'Holocauste".

Le président de la République française Emmanuel Macron a sévèrement réagi contre les manifestations qui se poursuivent depuis plus d'un mois dans l'ensemble de l'Hexagone. "Ils disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique", affirme Emmanuel Macron.

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