Manifestations à Gaza contre le plan de paix américain

28 Janvier, 2020, 20:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Selon un diplomate palestinien, le plan Trump-Kushner autorise l’apartheid

Le plan que Donald Trump doit dévoiler à midi, heure de Washington (17h00 GMT), n'exclut probablement pas la création d'un Etat palestinien, mais le réduirait à des "bantoustans" sans continuité territoriale en reconnaissant la pérennité des colonies israéliennes de Cisjordanie, a prédit le diplomate, interrogé par Reuters.

Le mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas, pourtant très hostile au Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a confirmé sa participation à une rencontre " d'urgence " mardi sur le plan de paix américain pour le Moyen-Orient.

"Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel Etat resterait ouvert et sans développement" de colonies israéliennes "pendant une période de quatre ans", a précisé le président des Etats-Unis.

Les Palestiniens doivent aussi tenir des discussions avec des responsables des Etats arabes afin de formaliser les réactions de chacun au projet américain, qui doit être dévoilé au moment où Israël montre des signes de rapprochement avec certaines monarchies du Golfe, dont l'Arabie Saoudite.

L'ex-homme d'affaires new-yorkais, qui se targue d'être un négociateur hors pair, avait confié au printemps 2017 à son gendre et conseiller Jared Kushner, novice en politique, l'épineuse tâche de concocter une proposition susceptible d'aboutir à "l'accord ultime" entre Israéliens et Palestiniens.

Mais la partie s'annonce très difficile.

Trump a insisté sur le fait que son plan serait bon pour les Palestiniens et, dans son discours, a contacté le président Mahmoud Abbas de l'Autorité palestinienne.

Trump a reçu à Washington lundi son "ami" le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le chef de l'opposition israélienne Benny Gantz, qui jugent tous deux "historique" le plan américain.

Mais c'est avec "Bibi" qu'il a choisi d'apparaître devant les caméras, et le Premier ministre israélien, qui se rendra dès mercredi à Moscou pour informer le président russe Vladimir Poutine des détails du plan, n'a pas dissimulé son enthousiasme.

Dimanche, Saëb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a indiqué à l'AFP qu'il se réservait le droit de se retirer des accords d'Oslo, qui encadrent leurs relations avec Israël.

Selon la Maison Banche, le projet propose un Etat palestinien "démilitarisé".

Le projet américain avait aussi été rejeté par avance par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, où se limite l'autorité de Mahmoud Abbas.

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