Affrontements violents entre police et manifestants — Liban

19 Janvier, 2020, 11:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Selon la Croix-Rouge des manifestants et des membres des forces de l’ordre font partie des blessés

Des fauteurs de troubles au visage masqué lancent toutes sortes de projectiles, notamment des pierres et du mobilier urbain, en direction des policiers postés derrière des rangées de barrières et de barbelés.

Ces dernières semaines, la dégradation de la situation économique s'est en effet accompagnée d'une impasse politique: depuis la démission fin octobre du Premier ministre Saad Hariri, son gouvernement, chargé des affaires courantes, est accusé d'inertie.

La Croix-rouge libanaise avait de son côté annoncé avoir transporté plus de 80 personnes vers des hôpitaux, tandis que plus de 140 blessés ont été soignés sur place, selon un porte-parole de l'organisation, qui a précisé que les blessés comprenaient à la fois des protestataires et des policiers.

En fin de soirée, les manifestants ont été dispersés par les forces de l'ordre qui ont arrêté plusieurs d'entre eux. Quelques-uns ont tenté de franchir les barbelés.

La colère populaire est désormais la solution, a-t-elle martelé.

Les heurts se sont poursuivis de plus belle durant plusieurs heures.

Sur les réseaux sociaux, une vidéo montre des membres des forces de l'ordre dans une caserne de police de Beyrouth frapper violemment des personnes présentées comme des manifestants à leur descente d'un fourgon.

Des inconnus ont par ailleurs mis le feu aux tentes dressées par les contestataires depuis le début du mouvement près de la place des Martyrs, au centre-ville de Beyrouth.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées mardi et mercredi puis relâchées.

"Il n'y avait aucune justification pour le recours brutal à la force par la police anti-émeutes contre des manifestants largement pacifiques", a estimé Human Rights Watch (HRW), dans une réaction envoyée aux journalistes.

La contestation réclame depuis le début du mouvement un gouvernement formé de technocrates et de personnalités indépendantes de la classe politique traditionnelle. Les tractations traînent en longueur depuis la nomination le 19 décembre d'un nouveau Premier ministre, sur fond de divergences sur le partage des portefeuilles au sein même des partis politiques ayant appuyé sa nomination, ce qui a attisé la colère de la rue. La colère a été exacerbée par une détérioration des conditions de vie et des restrictions draconiennes imposées aux retraits par les banques.

La Banque mondiale a averti que le taux de pauvreté pourrait atteindre 50% de la population, contre le tiers actuellement, et la frustration est de plus en plus forte face à l'absence de réponse des autorités. De plus, la monnaie nationale a perdu de sa valeur sur le marché parallèle -2.500 livres pour un dollar contre un taux officiel de 1.507 livres/dollar.

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