Affaire du petit Grégory : de nouveaux rebondissements 36 ans après les faits

17 Janvier, 2020, 08:21 | Auteur: Sue Barrett
  • Affaire Grégory décision attendue sur la validité de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984

Nouveau rebondissement dans l'affaire Grégory Villemin, dont le mystère perdure depuis trois décennies.

Placée en garde à vue quelques jours après la découverte du corps de Grégory Villemin le 16 octobre 1984 dans la Vologne (Vosges), Murielle Bolle, alors âgée de 15 ans, avait accusé Bernard Laroche d'avoir kidnappé le garçon de 4 ans, dont le meurtre reste une des plus retentissantes énigmes judiciaires en France. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a prononcé ce jeudi l'annulation de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, au cours de laquelle l'adolescente avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé Grégory Villemin.

Vers une annulation des déclarations de Murielle Bolle?

. Elle n'a depuis cessé de clamer l'innocence de Bernard Laroche, abattu par le père de Grégory, Jean-Marie Villemin, en 1985.

En février 2019, la cour de cassation avait ouvert la voie à une annulation de cette garde à vue et renvoyé cette partie du dossier devant la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris.

Si les procès verbaux en question sont retirés du dossier, il n'en est pas de même des déclarations faites par la jeune fille avant le début officiel de sa garde à vue, ni de l'interrogatoire devant le juge Lambert quelques jours plus tard, deux moments où Murielle Bolle incrimine également son beau-frère.

"Globalement, nous sommes satisfaits de la décision qui a été rendue", a déclaré à des journalistes Me Jean-Paul Teissonnière, avocat de Murielle Bolle.

Saisie par Murielle Bolle, la Cour de cassation a reconnu le 19 février que la garde à vue de l'adolescente avait été effectuée en application de dispositions "inconstitutionnelles" de l'ordonnance de 1945 sur "l'enfance délinquante", la loi ne prévoyant alors, par exemple, ni présence d'un avocat ni notification du droit de se taire.

"L'important pour Jean-Marie et Christine Villemin, c'est que l'enquête puisse se poursuivre", a réagi de son côté auprès de l'AFP l'avocat des parents de Grégory Villemin, Me François Saint-Pierre. "Or, dans cette audition de témoin assisté, Murielle Bolle a livré aux gendarmes l'intégralité du récit de l'enlèvement de Grégory par Bernard Laroche, c'est l'essentiel", soutient l'avocat de la famille.

Cette décision de la justice pourrait-elle relancer l'affaire, maintenue au point mort depuis des années? La vérité serait-elle ailleurs? Mais ces poursuites ont ensuite été annulées pour des questions de procédure. Mi-décembre, l'épouse du juge Jean-Michel Lambert, premier magistrat à avoir instruit l'affaire Grégory en 1984 et qui s'est suicidé en 2017, accusait cette série d'attiser "une haine dangereuse".

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