Des milliers de soldats déployés en renfort au Moyen-Orient — Washington

04 Janvier, 2020, 10:18 | Auteur: Aubrey Nash
  • Téhéran

La frappe, qui a suscité des réactions inquiètes à travers le monde, a été ordonnée par le président américain Donald Trump après une attaque mardi des partisans et des combattants du Hachd contre l'ambassade des États-Unis à Bagdad.

Les États-Unis ont décidé de déployer 3.000 à 3.500 militaires supplémentaires au Moyen-Orient pour renforcer la sécurité des positions américaines dans la région après la mort vendredi à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani dans un raid américain, a annoncé le Pentagone.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé vendredi que le responsable iranien préparait une "action d'envergure" menaçant des "centaines de vies américaines".

De Paris à Moscou, les appels à la retenue se multipliaient pour prévenir une nouvelle escalade. "Nous vous éliminerons." "Nous ne cherchons pas de changement de régime" en Iran, a-t-il en revanche assuré. Il y a assis partout, consciencieusement, -à ciel ouvert ou clandestinement- l'influence régionale de Téhéran en exportant autant que faire se peut la révolution iranienne, en soutenant les mouvements terroristes, en menant des guerres par procuration comme au Yémen et en combattant le jihadisme, devenant ainsi l'homme clef de l'influence iranienne au Moyen-Orient, notamment en Irak et en Syrie, deux pays où les Etats-Unis sont engagés militairement.

En Iran, où Soleimani, 62 ans, était perçu comme intouchable, trois jours de deuil ont été décrétés.

L'Iran a promis de se venger, de même que le mouvement chiite libanais Hezbollah.

Les Etats-Unis ont commis leur "plus grave erreur" en tuant Soleimani, a averti le Conseil suprême de la sécurité nationale, plus haute instance sécuritaire d'Iran.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei et le président Hassan Rohani, qui ont rapidement nommé le successeur de Soleimani, Esmaïl Qaani, ont eux aussi appelé à des représailles.

Le turbulent leader chiite irakien Moqtada Sadr a réactivé l'Armée du Mehdi, sa milice dissoute après avoir harcelé l'occupant américain en Irak (2003-2011). Il faut, a exhorté Hadi al-Ameri, "serrer les rangs pour bouter les troupes étrangères" hors d'Irak.

Le Parlement irakien doit se réunir dimanche et pourrait dénoncer l'accord irako-américain qui encadre la présence de 5200 soldats américains sur le sol irakien. Et au Yémen, les rebelles Houthis, soutenus par Téhéran, ont appelé à des "représailles rapides".

Le ministre américain de la Défense Mark Esper avait prévenu que la mort la semaine dernière d'un sous-traitant américain dans une attaque à la roquette sur une base de Kirkouk, attribuée à une faction pro-iranienne, avait "changé la donne".

A Washington, le camp républicain de Donald Trump applaudissait alors que leurs adversaires démocrates critiquaient une décision jugée irréfléchie.

En Irak voisin, secoué depuis des années par des violences à chaque soubresaut des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis aujourd'hui à leur paroxysme, les pro-Iran ont désormais la haute main.

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se sont appelés, et ont dit s'inquiéter du risque de "sérieusement aggraver la situation" au Proche-Orient et d'une "nouvelle escalade dangereuse des tensions".

Dans les grandes capitales, l' inquiétude dominait.

Vers une nouvelle guerre?

Côté économique, les cours du pétrole ont bondi, les marchés craignant des perturbations voire un blocage de pétroliers dans le détroit d'Ormuz.

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