"Aucun signe de ralentissement" en 2018 — Réchauffement climatique

29 Novembre, 2019, 09:24 | Auteur: Lynn Cook
  • Les gaz à effets de serre ont battu des records de concentration en 2018

Le bulletin de l'OMM montre en effet que les concentrations moyennes mondiales de dioxyde de carbone (CO2) ont atteint 407,8 ppm (parties par million) en 2018, contre 405,5 parties par million (ppm) en 2017. Une alerte de plus à l'approche de la COP25, qui doit se tenir du 2 au 13 décembre prochain à Madrid.

Il n'y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Le cap symbolique des 400 ppm avait été observé pour la première fois en 2014. "L'augmentation des concentrations de CO2 de 2017 à 2018 a été très proche de celle observée de 2016 à 2017 et juste au-dessus de la moyenne des 10 dernières années", rappelle le bulletin de l'OMM. "La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années: la température était de 2 à 3 degrés Celsius plus élevée qu'aujourd'hui et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel", a souligné Petteri Taalas.

Par ordre de responsabilité, le second gaz à effet de serre persistant le plus important est le méthane, dont la majorité des émissions est due aux activités humaines et dont la concentration dans l'atmosphère s'accélère également.

Depuis 1990, le forçage radiatif total causé par les Gaz à Effet de Serre (GES) persistants s'est accru de 43 %.

Le méthane, dont 60 % des émissions sont d'origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges...), et le protoxyde d'azote, dont 40 % des émissions sont d'origine humaine (engrais, processus industriels...), ont aussi atteint des pics de concentration.

Ils ont atteint des taux records en 2018.

Dans tous les cas, l'OMM avertit que cette tendance à long terme signifie que les générations futures seront confrontées à une aggravation des conséquences du changement climatique, y compris la hausse des températures, l'augmentation du nombre et de l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, le stress hydrique, l'élévation du niveau de la mer et la perturbation des écosystèmes marins et terrestres.

En vertu de l'Accord de Paris sur le climat, dont les États-Unis s'apprêtent à sortir, les nations du monde doivent réduire leurs émissions de manière à empêcher un réchauffement de plus de 2°C - et "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C" par rapport à la fin du XIXe siècle. Selon les chiffres de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis cités dans le bulletin de l'OMM, le CO2 représente environ 80 % de ce chiffre. Nous devons traduire ces engagements en actions et accroître le niveau d'ambition pour le bien-être futur de l'humanité.

ONU-Environnement publiera mardi 26 novembre la dixième édition de son Rapport sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions.

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