Un cataclysme sportif menace la Russie, l'Euro 2020 menacé — Dopage

26 Novembre, 2019, 21:37 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Un comité de l'Agence mondiale antidopage recommande la suspension de quatre ans de la Russie

"Beaucoup de nos diplomates sportifs disaient que tout allait bien se passer, qu'il n'y aurait pas de mesures extrêmes ni d'exclusion des JO".

Tokyo s'éloigne pour les athlètes russes après la publication des recommandations du comité de conformité de l'agence mondiale antidopage (AMA), qui demande une suspension de quatre ans de toutes les compétitions internationales majeures. "Pour quatre ans de plus, nous nous plongeons dans une nouvelle crise antidopage", a estimé M. Ganous.

"Mais les analyses des enquêteurs de l'AMA ont démontré que les prélèvements avaient été manipulés pour dissimuler les tests positifs d'athlètes russes, et que Moscou avait fabriqué des preuves pour essayer de faire porter le chapeau des falsifications à d'anciens responsables" de Rusada, poursuit le quotidien. Le CRC accuse la Russie de falsification des données de laboratoire transmises aux enquêteurs de l'Agence.

Du coup, c'est la manière forte qui est préconisée. En 2018, les athlètes russes ne pouvaient pas participer aux Jeux olympiques d'hiver sauf sous bannière olympique tout comme lors des championnats du monde d'athlétisme 2019.

Si cette recommandation était acceptée par le comité exécutif de l'AMA, qui se réunit à Paris le 9 décembre, la Russie ne pourrait pas participer aux prochains Jeux olympiques d'été et d'hiver de 2020 et 2022, aux Jeux olympiques de la jeunesse et aux Jeux paralympiques, selon un communiqué de l'AMA.

Le drapeau et l'hymne de la Russie seront bannis des compétitions et ses athlètes ne seront autorisés à concourir - sous drapeau neutre - que "s'ils sont capables de démontrer qu'ils ne sont impliqués d'aucune façon" dans le système de dopage russe, précise l'agence Tass. Sous Vladimir Poutine, la Russie a fait du sport un outil de sa puissance sur la scène internationale, mais elle n'en finit plus de payer les conséquences du dopage à grande échelle.

Pendant quatre ans, aucun officiel russe ne serait autorisé sur les théâtres de grandes compétitions sportives, et la Russie ne pourrait plus candidater à l'attribution d'événements sportifs internationaux, JO compris. Le stade de Saint-Pétersbourg, la Gazprom Arena qui accueillera jusqu'à quatre rencontres de cette compétition ne sera pas impactée par cette sanction puisqu'elle ne concerne que les "Majors Event". Pire, si des événements lui ont déjà été attribués, l'organisateur devra les lui retirer et les "réattribuer à un autre pays, sauf si c'est impossible d'un point de vue légal ou pratique". Même son de cloche pour l'organisation de la finale de la Ligue des Champions 2021 à la Gazprom Arena.

Peu avant les JO de Rio-2016, l'AMA avait déjà préconisé une exclusion de la Russie, mais le CIO avait eu le dernier mot et avait laissé le soin de trancher aux fédérations sportives internationales.

Reste à savoir si le comité exécutif de l'AMA, composé à part égales de représentants du mouvement olympique et des gouvernements, ira si loin. Les précédentes sanctions contre la Russie, pour punir la mise en place du système de dopage institutionnel, ont été à l'origine de vives polémiques ces dernières années, des voix s'élevant pour critiquer l'indulgence du Comité international olympique (CIO). Mais depuis, l'AMA a renforcé ses pouvoirs de sanctions, et il appartiendrait au TAS de se prononcer en appel.

Recommande: