Trois morts dans des émeutes à Santiago, au Chili

20 Octobre, 2019, 14:06 | Auteur: Lynn Cook
  • Des centaines de personnes ont envahi le métro de Santiago le 18 octobre 2019

"Deux ont été brûlées et la troisième a été transportée dans un état grave dans un hôpital où elle est décédée", a déclaré la gouverneure de Santiago, Karla Rubilar. Le président du Chili Sebastian Pinera a déclaré samedi 19 octobre qu'il allait annuler la hausse du prix du titre de transport qui a provoqué, dès son annonce le 6 octobre, un vaste mouvement de contestation dans le pays. L'incendie s'est produit dans un immense supermarché Lider, de la chaîne américaine Walmart, situé à San Bernardo en banlieue sud de la capitale, dont des centaines de personnes avaient forcé les entrées pour le piller, selon les pompiers.

Un couvre-feu total avait été décrété samedi dans la capitale par le général Javier Iturriaga del Campo, en réponse selon lui aux "excès qui se sont produits aujourd'hui". Elle a été déclenchée par l'annonce d'une forte hausse du prix des tickets de métro, de 800 à 830 pesos, ce qui équivaut à une hausse d'environ cinq cents en argent canadien. Parallèlement, l'état d'urgence a été instauré dans la région de Coquimbo (nord), gagnée par les violences.

Le général Iturriaga del Campo avait précisé que l'armée patrouillerait dans la capitale, qui compte sept millions d'habitants.

Samedi, des milliers de personnes sont tout de même redescendues dans les rues de plusieurs villes du pays, pour y faire résonner des casseroles, reprenant un mode de contestation apparu au Chili dans les années 1970, après le coup d'Etat mené par le général Augusto Pinochet en septembre 1973.

En dépit de la mise en place par le gouvernement d'un "état d'urgence" dans la capitale chilienne, des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont à nouveau éclaté le 19 octobre à Santiago.

Des personnes masquées manifestent à Santiago au lendemain du décret de l'état d'urgence.

En divers endroits de la ville, des manifestants ont érigé des barricades et se sont heurtés à la police, qui a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes, des scènes de bataille de rue plus vues depuis longtemps dans la capitale chilienne. Les sièges de la seconde banque du pays, ainsi que la compagnie d'électricité Enel, ont été incendiés.

Les revendications ont rapidement débordé sur d'autres sujets, comme un modèle économique où l'accès à la santé et à l'éducation ressortent presque uniquement du secteur privé. Le Chili était une cocotte-minute qui a explosé de la pire manière, nous laissant sans métro, a commenté à l'AFP Maria, une fonctionnaire.

Vendredi, au moins 16 autobus ont été incendiés et une dizaine de stations de métro totalement détruites, selon les autorités. "L'ensemble du réseau est fermé en raison des émeutes et des destructions qui empêchent les conditions minimales de sécurité pour les passagers et les travailleurs", a annoncé sur Twitter le gestionnaire du métro, après des attaques contre presque l'intégralité des 164 stations, où beaucoup de barrières et tourniquets ont été détruits. La police a fait état d'au moins 180 arrestations et 57 policiers blessés après la soirée de vendredi. Le métro de Santiago, le plus étendu (140 km) et le plus moderne d'Amérique du sud, par lequel transitent environ 3 millions de passagers par jour, devrait rester clos ce week-end et pourrait rouvrir progressivement la semaine prochaine.

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