Forte poussée de l'extrême droite — Allemagne

03 Septembre, 2019, 10:18 | Auteur: Lynn Cook
  • Andreas Kalbitz candidat du parti d'extrême droite AfD sur scène à Werder an der Havel près de Potsdam après les premières estimations d'intention de vote le 1er septembre 2019

30 ans après la réunification allemande, Alternative für Deutschland est nettement plus forte à l'Est qu'à l'Ouest du pays. Sans décrocher de première place ni être en mesure de gouverner ces deux Länder, ce qui constitue pour elle une déception, l'extrême droite réalise une performance.

"L'AfD fait désormais partie du paysage quotidien à l'Est", jugeait le politologue Karl-Rudolf Korte. Nous ne sommes pas encore la première force politique, il nous manque encore un petit quelque chose. "Le travail commence", a toutefois concédé un responsable de l'AfD, Alexander Gauland. L'Est subit "un spectaculaire glissement vers la droite", abondait un autre politologue, Wolfgang Schröder.

Quelque 5,5 millions de personnes étaient appelées aux urnes pour élire leurs nouveaux parlements régionaux.

Aux élections régionales du 1er septembre, les souverainistes allemands ont enregistré une forte percée en ex-RDA. "Elle a atteint ce dimanche un résultat historique dans deux régions de l'ancienne RDA avec près de 28 % en Saxe (+18 points), le fief du mouvement islamophobe Pegida, et près de 24 % dans le Brandebourg (+11 points), la région autour de Berlin". Mais avec un net repli depuis le précédent scrutin (39,4% en 2014).

Plus d'un électeur sur deux (54% en Saxe, 51% dans le Brandebourg) juge ainsi que les habitants de l'Est sont traités comme des "citoyens de seconde zone", selon un sondage diffusé dimanche par la première chaîne de ARD.

La politique d'accueil des réfugiés menée depuis 2015 par Angela Merkel a ainsi heurté une partie de la population qui a eu le sentiment que l'Etat s'occupait davantage des migrants que de leur sort. Ces scrutins confirment également la baisse des grands partis traditionnels, la CDU et le SPD, qui vont devoir former de nouvelles coalitions pour rester au pouvoir dans les deux régions.

À gauche, le social-démocrate Dietmar Woidke (SPD) pour le Brandebourg; à droite, le chrétien-démocrate Michael Kretschmer (CDU) pour la Saxe. Il est deuxième dans ces deux Länder d'ex-Allemagne de l'Est, avec 27,5% des voix en Saxe et 23,5% dans le Brandebourg. Avec un score autour de 9% dans chacun des scrutins, ils sont en deçà des 14% promis par d'ultimes sondages.

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