Deux militaires vénézuéliens incarcérés après la mort d'un soldat en détention

05 Juillet, 2019, 03:24 | Auteur: Lynn Cook
  • Deux militaires vénézuéliens incarcérés après la mort d'un soldat en détention

Deux membres d'un corps militarisé du Venezuela ont été interpellés puis incarcérés lundi pour leur "responsabilité présumée" dans la mort d'un militaire en détention, a annoncé le Procureur général.

CARACAS, 1er juillet (Reuters) - Les autorités vénézuéliennes ont confirmé tard samedi soir la mort d'un officier de l'armée dont l'opposition et la famille affirment qu'il a été torturé après avoir été accusé d'avoir fomenté un coup d'Etat contre le président Nicolas Maduro. Ils sont soupçonnés d'être "responsables" de la mort samedi du capitaine de corvette Rafael Acosta Arevalo.

"Ce nouvel acte de barbarie de Maduro doit nous inciter à l'action", a estimé le département d'Etat, appelant "toutes les démocraties du monde" à "faire pression" pour que les agresseurs soient amenés à rendre des comptes. Ce "putsch" aurait dû avoir lieu les 23 et 24 juin et prévoyait l'assassinat du président et de plusieurs hauts responsables, selon le gouvernement vénézuélien qui se réclame de l'héritage du défunt président Hugo Chavez (1999-2013).

Rafael Acosta avait comparu à moitié inconscient devant un tribunal, vendredi, après avoir été apparemment passé à tabac et torturé, selon son épouse Waleska Perez.

Dans la foulée, le Groupe de Lima a demandé "à la communauté internationale, et en particulier au bureau de la Haute-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU (Michelle Bachelet) d'agir sans plus attendre".

L'ancienne présidente du Chili, qui a subi des tortures sous la dictature d'Augusto Pinochet, était en visite à Caracas le mois dernier.

Rebondissant lundi sur ses accusations, Juan Guaido a appelé les Vénézuéliens à manifester à l'occasion de la Fête nationale vendredi pour "exiger la fin des tortures et des assassinats", perpétrés selon lui par le gouvernement. À Caracas, les manifestants sont invités à rallier le siège du contre-espionnage militaire, "parce que, nom d'un chien, c'est le centre de torture par excellence en ce moment au Venezuela!", s'est exclamée la députée d'opposition Delsa Solorzano, lors d'une conférence de presse.

Le camp présidentiel a, lui, prévu un défilé militaire présidé par Nicolás Maduro.

Après deux rounds infructueux en mai sous les auspices de la Norvège, Nicolas Maduro a en effet expliqué cette semaine que le "dialogue va continuer", sans toutefois préciser de calendrier ou d'ordre du jour.

La mort d'un militaire qui aurait été torturé en détention a provoqué une vague d'indignation de la part des Etats-Unis, des pays latino-américains et de l'opposition vénézuélienne.

Leur arrestation avait encore un peu plus accentué les tensions déjà fortes entre le gouvernement chaviste et son voisin colombien, dont les autorités reconnaissent Juan Guaido comme président par intérim, tout comme une cinquantaine d'autres pays.

"Un processus de normalisation des relations diplomatiques entre les deux Etats" a été mis en marche au cours d'une réunion bilatérale à Berlin lundi, a indiqué la diplomatie vénézuélienne dans un communiqué.

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