L'Iran a dépassé le stock autorisé d'uranium faiblement enrichi — Nucléaire

02 Juillet, 2019, 01:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Sanganeh lors d'une conférence des pays Opep  non-Opep le 1er juillet 2019 à Vienne

"L'Agence a vérifié au 1er juillet que le stock total d'uranium enrichi a dépassé les 300 kg " et le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, en a informé le conseil des gouverneurs, indique l'agence onusienne dans une déclaration écrite.

Quelques heures auparavant, le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, avait déjà déclaré que l'Iran avait dépassé la limite imposée par l'accord international de 2015.

Selon un diplomate en poste à Vienne, le niveau actuel des réserves d'uranium enrichi iraniennes ont été mesurées en excès de deux kilogrammes.

Ces développements interviennent alors que la tension est montée d'un cran il y a deux semaines entre Washington et Téhéran, à la suite de la destruction d'un drone américain par les forces iraniennes, qui ont affirmé que l'appareil avait violé l'espace aérien de la République islamique, près du détroit d'Ormuz.

La question est désormais de savoir quelles seront les conséquences de ce dépassement.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait réclamé le 17 juin l'application immédiate du mécanisme de sanctions inscrit dans l'accord de 2015 au moindre écart de la République islamique.

Le mécanisme de troc conçu par les Européens pour aider l'Iran à contourner les sanctions américaines ne fait pas l'affaire mais témoigne malgré tout d'une prise de distance bienvenue entre le Vieux Continent et Washington, a jugé lundi Téhéran.

"Nous avions annoncé (ce franchissement de la limite) à l'avance", avait rappelé le ministre.

La réaction de Londres a été plus vigoureuse, jugeant l'annonce " profondément inquiétante ": " J'exhorte l'Iran à ne plus s'éloigner de (l'accord) et à se conformer de nouveau à ses obligations ", a ajouté sur Twitter Jeremy Hunt.

Téhéran affirme agir "dans le cadre" du pacte, invoquant deux articles permettant à une partie de s'affranchir temporairement de certains de ses engagements si elle estime qu'une autre ne tient pas les siens.

Les grandes puissances encore liées à l'accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) se sont réunies le 28 juin à Vienne pour tenter de sauver ce texte destiné à garantir le caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien. Le président américain, Donald Trump, a en effet décidé en mai 2018 de dénoncer l'accord et de réimposer des sanctions contre l'Iran.

Téhéran a annoncé le 8 mai qu'il ne se sentait plus tenu par deux seuils fixés par l'accord: celui limitant son stock d'uranium faiblement enrichi (300 kilos) et celui imposé à ses réserves d'eau lourde (130 tonnes).

Téhéran menace aussi de reprendre, à partir du 7 juillet, des activités d'enrichissement d'uranium à un taux supérieur au degré maximal fixé par l'accord (3,67%) et de relancer son projet de construction d'un réacteur à eau lourde à Arak (centre).

M. Zarif a néanmoins estimé lundi qu'Instex ne répondait "pas aux exigences" de Téhéran "ni aux obligations" incombant aux Européens.

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